Les témoignages, Vouloir remonter la pente

« J’étais peut-être trop en avance… »

Temps de lecture : 15 min

Après avoir longuement hésité, je me lance, j’ai mis plusieurs semaines à écrire ce texte, je voulais être le plus précis que possible, trouver les mots justes et mettre au clair mes idées… beaucoup ne comprennent pas ce qu’il m’arrive….

Si j’écris aujourd’hui, ce n’est pas pour me justifier, ni pour qu’on me comprenne, je ne cherche pas non plus à m’apitoyer sur mon sort, je veux juste témoigner et raconter.

N’hésitez pas à me poser vos éventuelles questions après la lecture si vous le souhaitez.

Depuis mon embauche en 1992, j’ai toujours aimé mon travail, je me sentais bien dans la section mais en mai 2018 et après 11 ans dans un poste que je maitrisais (Chargé d’Affaires et de Projets), où j’étais même devenu réfèrent, dans cet ancien poste j’étais connu et reconnu, à ce point qu’on envisageait de me passer cadre, non pas pour me charger encore plus de travail, mais comme récompense pour ma carrière. J’avais à un bon niveau d’énergie, encore quelques ambitions, j’imaginais encore pouvoir apporter quelque chose à la section. J’ai consacré de l’énergie à mon travail même si celui-ci était exigeant. Je « réussissais » ou, en tout cas, j’en retirais une certaine satisfaction.

Lorsque l’opportunité s’est présentée, j’ai postulé pour devenir appuis au chef de section. Seul candidat, le poste a été adapté à mes compétences et les missions ne devaient pas comporter de management, je devais gérer des affaires techniques, être référent dans certains domaines que je connais, gérer la formation des agents pour les monter en compétences et leur donner de l’autonomie. J’ai pris ce poste avec fierté, avec envie et des idées à mettre en place. Avec mon expérience de 30 ans dans la section, je pensais pouvoir apporter encore des choses. Mais après 5 mois dans ce poste, le chef de section a subitement démissionné… Tout le monde a été pris au dépourvu. Du coup la direction n’avais personne de disponible et devait trouver son remplaçant. On m’a donc demandé de le remplacer en attendant. J’avais bien conscience que je pourrai être amené à remplacer le chef de section mais pour des périodes courtes de 3 semaines maximum (congés, stages…) et gérer les affaires courantes et surtout pas pour une si longue période. Du jour au lendemain je me suis retrouvé à faire ces 2 postes (chef de section ET appuis au chef de section), sans avoir eu le temps de prendre bien mes marques dans mon nouveau poste, sans formations, sans informations sur ce que je devais faire. Et contrairement au deal de départ, j’ai dû faire du management, avec une charge de travail double. L’équipe d’état-major du service avait bien conscience de me mettre en difficulté et m’a aidé comme ils ont pu. Ayant conscience de tout ça, ils voulaient aussi m’encourager et me récompenser en proposant une prime.

Cette période de remplacement a débuté en janvier 2019 et a duré 8 mois plein. Cela ne semble pas si long que ça mais dans la réalité c’est très long… je me suis heurté à la charge de travail, aux responsabilités que je n’aurais jamais dû avoir, aux egos, aux jalousies… mais j’ai essayé de tenir bon. Je sais qu’à ma place d’autres ont tenu moins longtemps, mais je voulais aller au bout. Malgré le soutien de l’état-major et mon engagement, dans la section, il en allait tout autrement. Toutes mes décisions étaient contestées, toutes mes productions étaient critiquées par l’équipe encadrante de la section notamment les Responsables d’Equipes (RE) qui connaissaient pourtant les conditions de ma prise de fonction. Les recadrages par l’Etat Major (EM) du service vis à vis de ces agents ne changeaient pas les comportements. Je ne bénéficiais que de l’appui de l’EM service et de quelques techniciens…

Et bien sûr la charge de travail ne me permettait plus d’aller autant en profondeur que je l’aurai souhaité, j’étais même souvent dépassé par les événements. Pour autant, j’ai accompagné les techniciens qui désiraient avoir plus d’autonomie, pour qu’ils innovent malgré l’opposition des RE. Avec une certaine réussite, puisque sur ma proposition, l’espace-Game PFI a été conçu et puis fabriqué et que maintenant il rencontre un certain succès. Pour leurs donner de l’autonomie, j’ai aussi voulu les inscrire à des stages de communication, expressions et autres… Au grand désarroi des RE. Coté techniciens cela était apprécié, et certains m’ont même dit que j’étais le premier à vouloir les faire évoluer autrement que dans la technique. Ceci me sera reproché plus tard par la nouvelle cheffe de section qui estimait que c’était des stages de « sciences molles » ! J’ai su être présent lorsque des agents de la section étaient dans la difficulté (personnelle, santé, technique ou autres). Je voulais aussi plus les écouter et donc les faire participer à certaine réunion qui les concernais comme lorsqu’il fallait réorganiser le pôle performances, encore une fois refus ferme des RE accompagné de réflexions qui disaient que les techniciens ne devaient pas prendre de décisions, et qu’ils n’avaient pas à donner leur avis…du coup j’ai fait autrement pour avoir leurs avis en parlant avec eux hors réunions… Bref j’ai voulu mettre les techniciens au centre du système, et les faire évoluer dans le bon sens pour le bénéfice de la section (sauf erreur de ma part cette façon de faire s’appelle maintenant OPALE ou EVOLEAN). Mais j’étais peut-être trop en avance…

Alors petit à petit, j’ai commencé à décliner.

Je me suis mis à avoir la boule au ventre avant d’aller au boulot, à être angoissé avant d’entrer en réunion, à vouloir m’isoler après ces réunions… et malgré tout j’ai continué, j’ai essayé d’améliorer mon travail pour répondre mieux aux attentes, je me suis accroché… Mais rien n’y faisait, mes proches ont commencé à me demander d’aller voir le médecin, j’étais en train de sombrer. Je ne déjeunais plus le matin par peur de vomir car la boule au ventre était trop forte, j’avais du mal à trouver le sommeil à force de penser au boulot, j’avais des crises de pleurs.

Jusqu’à pleurer en vacances au bar lors de l’apéritif car je ne me sentais pas légitime d’être en vacances….

Mais je ne voulais rien entendre, je ne voulais pas lâcher, je me sentais encore capable de renverser la vapeur et d’y arriver, et puis je ne voulais pas abandonner la section, et laisser les gens se débrouiller, j’avais aussi peur de leurs regards, de leurs remarques et réflexions souvent cinglantes… Je me suis mis à plafonner : je me rendais compte que, malgré mes efforts constants, rien n’évoluait comme je l’aurai voulu, que mes efforts n’étaient pas reconnus. On exigeait toujours plus de moi.

A l’été, j’étais déjà bien fatigué et le mal être se faisait de plus en plus ressentir. Mes proches et quelques-uns au travail me disaient de m’arrêter et d’aller voir le médecin. Je ne voulais toujours pas, j’étais dans le déni complet. Malgré ça, j’ai tenté d’exprimer mon mal être à la nouvelle cheffe de service (celle-ci a été changée durant l’été), j’espérais trouver aide, et appuis. Au lieu de ça on m’a répondu « si tu n’es pas bien dans le service tu n’as qu’à partir !! » et elle a ajouté « tu ne devrais pas te confier ainsi, on pourra s’en servir contre toi ». Ces mot resonnent encore dans ma tête aujourd’hui… je continuais à m’enfoncer, progressivement je limitais les contacts avec les collègues, fuyais l’état-major, je me désinvestissais du travail, je me sentais tellement impuissant. Quand nous avions nos entrevues mensuelles l’ancienne cheffe de service commençait toujours par s’enquérir de ma santé car elle me savait en difficulté, mais avec la nouvelle cheffe ceci ne l’intéressait pas, il fallait parler de mes chiffres, mes résultats et rien d’autre.

En septembre, la cheffe de section que je remplaçais est enfin arrivée. J’ai cru pourvoir enfin souffler, enfin pouvoir repartir du bon pied et me refaire. Mais le mal était déjà là et bien là ! Je n’en pouvais plus.

Les remarques, les réflexions ne se sont pas arrêtées, bien au contraire. Mes comptes rendus de réunions que le précèdent chef de section appréciait, étaient maintenant corrigés en rouge comme à l’école, on m’a reproché d’avoir réalisé un travail qui m’avait été commandé par la précédente équipe d’état-major (inscrire les agents a des stages de communication par exemple), on m’a reproché de ne pas avoir un travail alors que je l’avais fait et bien fait (reporter des stages) … et ce ne sont que quelques exemples…

Je n’étais plus inclus dans la moindre boucle de décision, je me suis même vu refuser la participation à une réunion (« je n’ai pas besoin de toi ici »).

Donc je continuais à sombrer sans trop m’en rendre compte.

J’ai commencé à constituer un dossier dans lequel j’imprimais ces remarques écrites par mail ou par messagerie instantanée. J’avais déjà les symptômes : fatigue, irritabilité, pleurs, perte de mes mots, de plus en plus souvent cynisme envers les collègues… avec des crises de plus en plus fortes. Chaque travail qu’on me demandait, même le plus simple, me paraissait être un nouvel Everest à gravir. La cheffe de section me trouvait sensible et fragile, mais sommes-nous fragiles lorsqu’on sait que l’épuisement professionnel peux toucher tout le monde, toutes professions confondues et qu’on fait son maximum. Lorsqu’on est très engagé dans son travail, quand on l’aime ?

Le comble est arrivé lors de l’entretien individuel, où le passage cadre promis (avec l’ancienne Cheffe De Service, on avait actée de repousser mon passage cadre du fait de la charge occasionné par l’absence de Chef de section) comme récompense de la carrière est devenu la récompense de ce remplacement et on m’a clairement dit qu’on m’en demanderait encore plus après, que la prime promise n’existerait plus alors que celle-ci a été versée côté Auto dans des situations similaires et pour des durées de remplacement moins longues : remplacement côté Section Auto Réalisation, Section Projet Auto et Section Auto Méthodes. Et cela au détriment des engagements pris par l’ancienne Cheffe De Service. Cela accentue ma sensation de n’être plus légitime vis à vis du nouvel EM.

Donc maintenant pour être récompensé, je devais en plus de ce que j’ai déjà fait, et comme si ça ne suffisait pas, passer devant un jury pour les convaincre du pourquoi je voulais passer cadre !!! Je n’en avais plus la force, c’était trop pour moi. L’état-major a fait semblant d’être reconnaissants ; en effet pour se donner bonne conscience, ils m’ont donné un seul pas d’avancement, un pas que j’aurai eu bientôt et de toute façon car j’arrivais à 4 ans sans avancement ! Donc reconnaissance de cet investissement : ZÉRO, RIEN !! J’ai fait tout ça pour rien.

Pour couronner le tout, j’apprends que ceux qui m’ont mis plein de bâtons dans les roues, ceux qui m’ont empêché d’avancer (les RE justement), verraient leur prime annuelle augmenter au contraire de moi …ça été un coup de poignard pour moi, j’avais aussi perdu ma légitimité aussi dans la section.

Ce n’est pas tellement pour la somme qui n’est pas si grosse que ça, mais surtout pour le geste. Comme une insulte envers moi. Ces histoires de reconnaissance, ne m’auraient pas guéri je l’admets car je ne me rendais pas encore compte à quel point j’étais déjà bas, mais je pense que si j’avais eu cette reconnaissance, je serai descendu moins bas. Maintenant je reste avec ce sentiment d’avoir été puni d’être tombé malade.

Jusqu’à ce jour de mai 2020, je me savais critiqué et sous pression, alors lors d’un contrôle d’une procédure modifiée manuellement, j’ai mis encore plus de rigueur pour réaliser ce contrôle pour lequel je n’ai rien trouvé à redire. La cheffe de section n’a pas souhaité que je valide cette procédure car elle voulait la regarder. Plus tard elle me demande si j’ai des remarques à faire, je lui réponds que je n’en ai pas. C’est là qu’elle me sort un cinglant « ben moi j’en ai ! » c’était la réflexion de trop, qui prise seule semblais bénigne, mais qui pour moi a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Et quel débordement !!!!

J’ai littéralement explosé en vol

Crises de pleurs à très gros sanglots, je me sentais nul, incompétent, bon à rien. Là-dessus les idées noires sont apparues. J’étais incapable de prendre la moindre décision, je ne parlais plus, même pas à ma compagne !! Juste je lui ai demandé d’appeler ma cheffe pour qu’elle lui dise à quel point je n’en pouvais plus, que j’avais fait tout mon possible, que j’avais fait du bon travail quoi qu’elle en dise. Je n’avais plus la force de le faire. Bien sur ma compagne n’a pas appelé ma cheffe mais a appelé le docteur. Plus tard, j’ai demandé aux agents ayant écrit cette procédure quelles ont été les remarques de la cheffe, ils ont paru étonnés et m’ont dit qu’elle n’avait pas fait la moindre remarque et avais signé la procédure en l’état !

Bref, direction le cabinet du médecin traitant. Et là, le verdict tombe : BURN-OUT sévère et arrêt de travail pour un long moment. Anti-dépresseurs, anxiolytiques, séances de psy, tout y passe…. Et le médecin ne me cache pas que ce sera long.

Difficile à accepter, difficile de comprendre que c’est pour mon bien, je me pose 1000 questions : « Pourquoi moi ? », « Qu’est-ce que j’ai fait de mal pour en arriver là ? », « Comment vont faire mes collègues en mon absence ? », « Comment vont faire mes collègues pour les astreintes ? », « Que va-t-on penser de moi ? »

La culpabilité me ronge.

Je ressasse dans mes pensées à longueur de temps, toutes ces choses qui m’ont cassé, j’y pense en permanence, ça tourne en boucle dans ma tête non-stop. Tellement que la fatigue grandit encore et encore. Impossible de faire quoi que ce soit, même parler, manger ou me laver m’était difficile. Et pourtant je voulais retourner au travail quoi qu’il en coute car on a nos obligations financières, sa petite fierté…mais la simple vue d’un SMS d’un collègue bien intentionné et qui prend de mes nouvelles, me plonge dans l’angoisse et le stress. Tellement fatigué que je pleure pour un rien, mais j’ai du mal à bouger. Heureusement par exemple que les enfants et ma belle-fille m’ont aidé en passant la tondeuse par exemple.

Paradoxalement quand il y a du monde à la maison ou quand j’arrive à sortir, je fais semblant sans m’en rendre compte. Lors des diners ou des réunions de famille par exemple, je passe des bons moments, je fais de mon mieux pour être présent et participer. Mais alors après quelle fatigue !

Le soir même je me couche tôt, le lendemain je dors longtemps… Même regarder un film pour tenter de penser autre chose est compliqué, impossible de lire un livre. Toute réflexion est bloquée, toute concentration m’épuise, comme si j’avais un QI proche de zéro.

Et puis il y a les gens, les autres… compliqués pour eux aussi car ils ne comprennent pas ce qu’il m’arrive.

Il y a les maladroits bien intentionnés qui disent « ben tu reviens de vacances ça va aller maintenant… », « allez bouge-toi », « ça va aller » …. Ils pensent m’aider mais me renvoient mon malaise à la figure sans le savoir ni le vouloir. Ce regard des autres est difficile à vivre. Tous les médecins et psys me l’ont dit : impossible de comprendre un burn-out tant qu’on ne l’a pas vécu sois même ou qu’on n’a pas été formé pour. Ce n’est pas une fatigue ou une déprime passagère. Ce n’est pas non plus une dépression proprement dite même si on est très proche.

En février dernier j’ai appris que la direction du site offrait un colis de Noel a l’ensemble des salariés (des produits locaux). J’envoie donc un mail à ma cheffe de section pour savoir comment elle me fera parvenir le mien. Aucune réponse de sa part…. Est-ce une nouvelle punition à mon égard ? Dois-je comprendre que je ne fais plus partie de l’équipe dans son esprit ? Encore un fois ce n’est pas pour la valeur du colis, mais pour l’attitude blessante…Ceci est arrivé à un moment où j’allais moins mal, je reparlais même d’éventuellement reprendre, mais au contraire ceci m’a fait replonger.

Alors où en suis-je aujourd’hui après près de 17 mois d’arrêt ?

Et bien je vais moins mal. J’arrive à faire un peu plus de choses. Lorsque les choses à faire sont purement physique ça va, mais dès qu’il y a besoin de la moindre réflexion, de la moindre attention ou concentration, je fatigue à nouveau très vite (au bout d’une heure à 2 heures environ). J’ai encore des coups de fatigue qui surviennent sans raison apparente. Il m’est encore difficile de prendre un bouquin par exemple mais j’y arrive de plus en plus en ne lisant que quelques pages à la fois. Les matins sont difficiles tellement j’ai la sensation d’avoir la tête dans un étau, avec les membres lourds. Et toujours cette peur de retourner au travail, toujours ces 1000 questions : « vais-je y arriver ? », « serais-je encore capable de le faire ? », « dois-je changer de service ? », « suis encore capable de travailler ? » …sachant que j’ai une peur bleue de rechuter.

Depuis le début de l’arrêt je n’ai pas encore complètement décroché du travail, je rumine tout ça encore trop souvent, souvent quand je suis seul (en voiture ou sous la douche par exemple), ou avant de m’endormir.

Je n’arrive pas à contrôler ces pensées obsédantes, c’est plus fort que moi et ça m’épuise.

En tout cas je ne sais toujours pas quand je reprendrais, ni si j’y retournerais…. Le médecin traitant ne veut pas que je reprenne dans le même service, mais en parallèle, le médecin du travail me dit qui si je suis déclaré inapte, j’aurai trois propositions et pas une de plus. Donc impossible de savoir si je m’adapterai. Et bien entendu pour le moment on ne fait aucune proposition et c’est certainement mieux aussi. Donc mon avenir professionnel reste incertain. De toute façon si je reprends ce sera en mi-temps thérapeutique quel que soit le service qui m’accueillera ou les conditions de la reprise.

Je sais qu’au fond de moi je n’ai plus envie d’y retourner… mais alors comment faire ? là est toute la question.

De plus j’ai des échos de ce qu’il se passe dans le service, et je constate que ce n’est pas très joli. Visiblement les méthodes de management sont d’un autre âge. La hiérarchie a cherché et cherche encore à « éliminer » certains et à mettre à la place des partants, leurs collègues et amis. Tout en s’assurant de leur loyauté en les tenant par la peur de perdre leurs postes ou de ne pas recevoir ces fameux NR, et par le jeu des punitions. Mais si ma nouvelle hiérarchie a une quelconque rancœur contre l’ancienne cheffe de service, pourquoi s’en prendre aux gens en place au lieu de traiter directement avec elle ?? Donc beaucoup sont partis du service, dégoutés, d’autres sont en conflits et certains (comme moi) en sont tombés malades…

Je pense que ma hiérarchie et l’encadrement de la section sont responsable de ce qui m’arrive au niveau santé. L’inertie, le climat professionnel, la très mauvaise communication, le management, la surcharge de travail…et surtout les agissements. Difficile de décrocher totalement de ce lien toxique avec mon travail pour me centrer que sur ma guérison, tant je ressens de l’injustice et de la colère sur sa responsabilité non assumée. J’aimerai qu’ils prennent leur part de responsabilités alors que je me retrouve avec des problèmes de santé, une répercussion sur ma vie, ma famille, mes finances… Mais je n’attends plus RIEN :

• S’ils décident de finalement me donner ce qu’ils me doivent en NR et primes, cela arrangera mes finances mais ne me guérira pas.

• S’ils reconnaissent leurs erreurs et s’excusent, cela ne changera rien non plus, sauf si cela peut éviter que cela n’arrive à d’autres.

Bref je ne vois pas de solutions pour retrouver ma santé et mon entrain.

29 Années sur le site, 29 années dans le service, 29 années dans la section, avoir rendu tant de service, avoir été connu et reconnu pour être rejeté de la sorte. Le remplacement que j’ai été amené à faire a rendu service au site, au service et à la section. Certes ce n’était pas parfait mais la section ne s’est pas dégradée durant cette période. Je ne mérite pas ça.

Une dernière petite remarque, ma cheffe de section ne répond plus à aucun de mes messages (par exemple pour reporter mes CA d’une année sur l’autre). Le message me semble clair : pour elle je ne fais plus partie de l’équipe…..

Mais par-dessus tout, il y a ma compagne qui durant tout ce temps m’a aidé, rassuré, qui ne m’a jamais jugé, qui a su m’apaiser et me consoler, elle n’a jamais baissé les bras, elle ne m’a jamais fait culpabiliser. Elle a parfois eu peur pour moi lorsque les idées noires devenaient trop présentes, lorsque la colère en moi débordait trop fort. Elle a toujours su trouver les mots, quand entre deux sanglots, je lui demandais de me sortir de là. Ce n’est pas facile pour elle mais elle fait face avec amour et force. Je ne sais pas dans quel état je serais aujourd’hui sans elle.

Veuillez m’excuser pour la longueur de ce message, mais j’avais besoin de m’exprimer. Il n’a pour but uniquement de dire ce qu’il se passe dans le service. Je n’en attends rien. Merci de m’avoir lu jusqu’au bout.…

Vos messages :

A : Quel témoignage, notre parcours est très similaire et vos mots me parlent tellement…
Courage

Z : Quelle claque ce témoignage, j’en ai des frissons ! La dure réalité du burn-out 😔
Tout mon soutien à cette personne 🙏

D : Témoignage très poignant… A quand la justice pour tous ses grands guerriers du monde du travail !!!!!

F&M : Merci à cette personne d’avoir eu le courage de se livrer ainsi et force à elle pour la suite !

A : Bravo à cette personne pour son courage 👏

ZI : Je me retrouve tellement dans votre texte. Tellement triste de se retrouver malade à cause du travail..
Courage à vous !

V : Courage à vous ainsi qu’à votre entourage, vous pouvez être fier de vous et sachez que le bout du tunnel n’est pas très loin, avec votre témoignage vous venez d’en parcourir presque la totalité alors continuez !!

Un mot en réaction de ce témoignage…

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