Comportements toxiques, Les témoignages

« J’avais l’impression d’aller en prison alors que j’étais une victime. »

Bonjour,

J’envoie cette bouteille à la mer comme une lettre qui me permettra peut-être de guérir.


J’ai commencé à travailler dans un service de recouvrement, au début cela se passait plutôt bien même si l’ambiance au travail n’était pas au beau fixe et que je ne me sentais pas vraiment intégrée.

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Les témoignages, Vouloir remonter la pente

« C’est aux victimes qu’on dit de faire un effort »

Temps de lecture: 2 min 53 s

Bonjour ! Alors voilà mon histoire. Bien sûr dans tous les cas sous couvert d’anonymat 😊 car aujourd’hui encore j’ai une appréhension : l’entreprise pourrait-elle me poursuivre si je parle de mon expérience, même si je ne l’a nomme pas. Pour dire l’effet qu’ils m’ont fait.

J’avais changé de boîte et avais trouvé ce poste, intéressant, challengeant. J’étais motivée et donnais beaucoup dans le travail. C’est bien moi ça. Et les résultats ont toujours été au rendez-vous.

Et puis mon responsable, j’ai compris qu’il était particulier, pas forcément très apprécié et il jugeait beaucoup les autres services. Il s’estimait toujours mieux. Au début je ne comprenais pas trop. On était 3 puis 4 dans son équipe et l’une des personnes était comme lui, avide de pouvoir et en quête perpétuelle de reconnaissance finalement, avec la fâcheuse habitude de blesser l’autre pour se sentir mieux, d’une manière ou d’une autre, qu’on le remarque, ou à peine. Celle-ci était aigrie et manipulatrice. Ils s’entendaient bien. Voilà pour le décor.

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Les témoignages, Quand le corps parle...

« Si l’argent était une langue, il faudrait que j’en apprenne les rudiments »

« Tu n’as pas à prendre de vacances… tu n’es pas une employée à problèmes, tu n’es pas mère célibataire avec des enfants… »


« Si j’étais toi, je ferais ce qu’ils vont te dire sans broncher… »


« Si tu prends tes vacances, tu seras dans le viseur des licenciements économiques. Tu auras pris des vacances donc tu n’auras pas contribué comme tout le monde pour sauver la boîte ! »


« Tu étais en télétravail ? écoute, la déclaration à temps partiel sur ton bulletin c’est pour sauver vos postes et sauver la boîte. Estime-toi heureuse et reconnaissante d’avoir encore du boulot ! »


« Tu n’auras qu’une semaine de vacances et la deuxième on la fait sauter ? ça te va ? »


NON. Non, ça ne va pas.

Au-delàs d’aller ou pas, ça reste surtout illégal. Ils sont au-dessus de tout, tout le temps. Pas de règles, pas de lois, manipulation et chantage sont les maîtres mots d’un management écœurant. Enfin, si on peut appeler tout cela du management.
Des boss, qui revendiquent le bien-être en entreprise et la bienveillance… mais tutoyer ses patrons de 35ans, dire bonjour à tous les employés avec un grand et faux sourire n’est pas suffisant.
Le bien paraitre pour ne pas entacher l’image de dirigeants méprisants.

Nous, je, nous sommes, je suis, employés, pions, machines à sous, poupées de chiffon, vaches à lait, chair à pognon.
Tu, tu es, un patron classique. Tu es tout ce qu’il y a de plus classique et prévisible dans ton rôle de dirigeant, de chef,
de petit chef.
Nous sommes à tes soins, à tes ordres et à ton rendement. Comme du bétail bien éduqué et parfaitement conditionné,
nous produisons ce que tu désires le plus.
Si l’argent était une langue, il faudrait que j’en apprenne les rudiments afin de les comprendre. Afin de comprendre la façon dont ils ont de voir leurs employés.


Arrêt maladie. Je n’ai pas eu une gastro ou une grippe saisonnière. Cerveau. Tumeur. C’était bénin, certes. Mais à cet instant de ma vie, j’aurais aimé avoir et recevoir des tonnes de bienveillance et de compréhension.
Scanner, IRM, neurologue, neurochirurgien… pendant une année, ma vie a été ponctuée de quelques RDV médicaux. Un suivi essentiel et primordial pour une guérison totale.


« Ecoute, tous tes rendez-vous là… va falloir se calmer. »


« Bon, c’est comme un rendez-vous chez le coiffeur, tu peux caler ça le samedi matin comme tout le monde ».


« Tu n’as rien à dire je pense… on a quand même été extrêmement bienveillants pendant ton arrêt maladie, avec tous tes rendez-vous ! »


Qui sont-ils pour oser dire tout cela… et encore, s’il n’y avait que ça. A rédiger ces « maux », la nausée pointe le bout de son nez. Ces paroles, ces actes, m’affectent encore psychologiquement. Je suis réduite à un rendement, je perds petit à petit toute humanité et devient un robot, une machine à sous.


Machine à sous.

Ici, l’argent achète tout. Même mon joli sourire et mon silence. Après des mois compliqués où la pression et la charge de travail m’ont énormément affecté, mon sourire crispé a laissé place à un visage aux traits tirés, plombé par un sourire à peine perceptible. Je remuais ciel et terre, essayais de me faire voir, étendre, comprendre.

« Comment on fait si tout le monde faisait la gueule ? Tu dois venir ici avec le sourire et être de bonne humeur. Les problèmes tu les laisses chez toi. »

« J’ai pensé à t’augmenter… en système de primes sur 2/3 mois dans un 1er temps : 100€ brut. Mais attention, pour avoir cette prime : tu dois sourire, être enjouée et être de bonne humeur. Si le contrat n’est pas respecté, ça saute. C’est donnant donnant ! »

Négociations douteuses et chantage, harcèlement psychologique, considération zéro et comportements abusifs… rien ne les arrête. Il va falloir que ça cesse. Rapidement.

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Comportements toxiques, Les témoignages

Au secours, sortez moi de là !

« Bonjour, je me permet de vous écrire car j’ai besoin de soutien et de conseils en cette période compliquée. Je suis réceptionniste de nuit dans un hôtel, en centre-ville de Nantes.

Je travaille seule de 23h30 à 6h45 et j’assure entre autres la sécurité d’une centaine de chambres. A la sortie du confinement, de mai à juin, j’ai subi trois agressions par plusieurs hommes à chaque fois (une verbale, une verbale avec menaces physiques et pour couronner le tout une tentative d’attouchement, par un client sorti de prison la veille…). A la suite de ces événements, je n’ai pas trouvé de réconfort auprès de mes collègues qui ont estimés que je n’étais tout simplement pas faite pour ce métier et que je l’avais sûrement cherché par ma façon d’être (ce sont des femmes pour la plupart et elle ne prendrait ma place pour rien au monde). J’ai donc pris rdv avec mon directeur, l’adjoint était présent. L’entretien n’a rien donné de positif. Apparemment mes collègues avaient déjà fait leur rapport et mon supérieur avait tranché :

Je n’avais qu’à changer de métier si celui-ci ne me convenait pas.

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Divers, Jeunesse au bord du précipice, Les témoignages

« Je me faisais crier dessus pour des motifs totalement vides de sens. »

Jeune femme de 20 ans, je démarre dans la vie et on me propose un job dans le lycée où j’ai effectué ma formation, je devais préparer les TP (travaux pratiques).

Les premiers jours sont… comment dire… bizarres.

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Les témoignages, Vouloir remonter la pente

« Vous vous dites « allez tiens bon tu vas y arriver », et c’est également ce que vous dit le management, alors vous y croyez. »

Dans mon travail en tant que chef de projet, je suis pris en permanence au milieu de tout le monde. Il y a d’un côté les clients qui veulent tout pour demain, les équipes qui ne sont pas disponible, le management qui dit que vos projets ne sont pas prioritaires et vous êtes au milieu de tout cela et vous devez composer avec. Donc vous essayez de répondre au mieux au client pour ne pas le perdre et le satisfaire, et pour cela, vous réfléchissez toute la journée à ce que vous allez répondre et surtout comment, en se mettant à sa place.

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Jeunesse au bord du précipice, Les témoignages

« Tout le monde veut que je m’arrête et personne ne comprend mon angoisse… »

Je viens d’être diagnostiquée en épuisement au travail depuis une semaine. Mon docteur m’a arrêté, jeudi et vendredi 18 et 29, veille de mes vacances.

Malgré les antidépresseurs et mon état tristesse permanente, avec un gros manque de motivation, j’ai repris ce matin. Je dois préciser que je fais de la RH et que je suis en pleine période de paie… Toute la matinée je me suis demandé ce que je faisais là… J’ai eu beaucoup de mal à me concentrer, tout a été une épreuve… Dès qu’on me demandait si ça allait j’avais les larmes aux yeux…

Je n’ai pas envie d’y retourner demain mais il y a du monde qui compte sur moi et je n’ai pas, en plus, envie de cumuler plus de retard car personnes ne me remplacera sauf pour minimum…

Personne ne me comprend… Tout le monde veut que je m’arrête et personne ne comprend mon angoisse… Je me dis que, s’il m’arrivait quelque chose, j’aurais une bonne excuse pour ne pas aller bosser…. Désolé je ne suis pas très optimiste !


Si des personnes me comprennent qu’elles n’hésitent pas à me raconter leurs histoires.

Les témoignages, Vouloir remonter la pente

« Pourquoi moi, si courageuse et ayant une conscience pro, je dois me mettre en arrêt ? »

Après 15 années de restauration rapide, j’ai eu besoin de changer de direction. Mais j’ai pris de mauvaises routes qui ont commencé à me décourager mais vie de travail et vie de couple s’entendaient mieux. Puis j’ai trouvé un CDI au début, c’est nouveau, hâte d’apprendre même si très peu de formation et au fur et à mesure des mois : la hantise, l’angoisse, des rayons rajoutés qu’il faut remplir, rendre propre, mettre les étiquettes, faire l’allée centrale bref je me noie et sombre début décembre. Pourquoi moi, si courageuse et ayant une conscience pro, je dois me mettre en arrêt ? Car ma tête n’arrive plus à gérer, crise d’angoisse, pleurs, pensées absurdes. Je m’en veux d’être en arrêt, de cet échec. Essaie de remonter cette pente avec le médecin, le psy, l’entourage et un projet de reconversion.

Conseils, Dossiers, S'arrêter

Pourquoi et comment s’arrêter (VRAIMENT)

Nous connaissons tous quelqu’un qui se plaint de son travail, quelqu’un au bord du burn-out, épuisé, à bout de nerf. Vous-même êtes peut-être liés à un environnement nocif pour votre santé physique et/ou mentale, probablement dans l’impossibilité de quitter cet emploi pour quelque raison que ce soit, vous menez un grand risque (j’en sais quelque chose). Au péril de notre vie, nous nous levons le matin pour affronter la journée qui démarre.

Certains diront « pourquoi s’obstinent-ils ? ».

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Caissière en libre-service, Les témoignages, Quand le corps parle...

« Les moqueries, la pression perpétuelle et les reproches d’un travail soit disant mal fait, étaient mon quotidien… »

Bonjour à tous. Voilà, aujourd’hui j’ai décidé de vous faire part de mon histoire, je dis cela car ce n’était pas seulement mon quotidien au travail mais ce que j’ai vécu ou même subi…

Après avoir élevée ma fille pendant 9 mois, en mars 2015 je reçois un coup de fil pour un entretien d’embauche pour un CDD de 5 mois en tant que caissière employée libre service. Quelle joie ! J’allais enfin reprendre une activité et une vie sociale même si cela n’allait pas être simple car je devais laisser ma fille, bref…

Après une formation d’une journée à la direction régionale, j’attaque le lundi suivant. La réalité fut bien différente par rapport à celle que l’on nous avaient présentée ! Rapidité (ou précipitation même…) et efficacité étaient les maîtres mots. Un jour, après une journée difficile à dépoter 6 palettes dans l’après midi, avoir été en 2ème caisse, je devais passer le balai et l’auto-laveuse avant la fermeture du magasin. Éreintée, j’exécute ma tâche sans trop réfléchir tellement mes jambes et mon dos me faisait souffrir. Nous nous saluons et partons chacun de notre côté.

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