Comportements toxiques, Les témoignages

« J’avais l’impression d’aller en prison alors que j’étais une victime. »

Bonjour,

J’envoie cette bouteille à la mer comme une lettre qui me permettra peut-être de guérir.


J’ai commencé à travailler dans un service de recouvrement, au début cela se passait plutôt bien même si l’ambiance au travail n’était pas au beau fixe et que je ne me sentais pas vraiment intégrée.


Je me suis dit ce n’est pas grave, ce sont leurs histoires et je ne suis pas au travail pour me faire des amis. Quelques jours après mon arrivée mon formateur a fait renvoyer une jeune collègue qui venait d’arriver depuis deux mois. Elle pleurait dans son bureau chaque midi. Mon formateur m’a donc expliqué qu’elle ne travaillait pas assez et ne faisait que des erreurs (à qui cela n’arrive jamais ?). Lorsqu’elle est partie, je me suis dit qu’il pouvait m’arriver la même chose, pas de droit à l’erreur dans ce service.

Lorsque j’ai eu mon propre portefeuille, il y avait un travail énorme à faire dessus chaque jour. Selon mes supérieurs j’avais trois fois plus de dossiers que mes collègues. Mais « vous allez y arriver, il suffit de prioriser et de s’organiser« .

Avec le recul, je me rends compte que cela voulait surtout dire débrouillez-vous pour que le travail soit fait. « Ne vous mettez pas la pression, on ne vous la mets pas« . Non, en effet vous ne me mettez pas la pression. Mais chaque mois, nos dossiers sont vérifiés et si certains ne sont pas traités à temps, on se prend ce qui s’appelle un KO ; ce qui vous fait baisser votre prime de fin d’année.

La course à la carotte.



Vos KO, vos collègues les voient, on les reçoit dans un seul mail. Et puis, il y a cette liste dans le couloir où est inscrit les meilleurs chiffres, ceux qui ont moins de dossiers.

Puis, ma binôme est partie en congé maternité, je me suis retrouvé à gérer les deux portefeuilles ainsi que les appels qui vont avec et qui sont incessants dans ce type de service. Aucune aide de mes collègues. Ou alors le minimum, histoire d’avoir fait sa bonne action de la journée.

Il fallait que je supporte une ambiance irrespirable de clans et de propos délétères, plus une surcharge de travail qui m’amenait à faire une journée d’heures supplémentaires en plus chaque semaine. Non récupérables et non payables bien sûr.

C’est ajouté la malveillance de ce collègue formateur qui était si gentil au début. Et puis quand j’ai été seule dans mon bureau, il a commencé à m’envoyer des pics pour me rabaisser. Cela a commencé à devenir lourd quand je me suis rendu compte qu’il vérifiait si je faisais mon travail, alors qu’était au même niveau que moi, y compris lorsque j’interagissais avec d’autres services qui m’ont prévenu et m’ont mis en copie.

Plus cela allait, pire c’était. Les humiliations se faisaient de plus en plus souvent en présence de mes collègues. Je n’avais plus aucune confiance en moi. J’ai donc décidé de prévenir ma hiérarchie qui était bien consciente du problème, que je n’étais pas la première mais au moins la cinquième personne à qui cela arriver mais que cette personne étant syndiqué, ils ne peuvent rien faire.



Je retrouvais souvent le matin des mots de sa part disant que je devais refaire telle ou telle chose, que j’avais fait une erreur, qu’il me l’avait déjà répété…


Est enfin arrivé une jeune collègue adorable pour remplacer mon binôme. Enfin du soulagement, même minime dans ma charge de travail, mon portefeuille étant saturé de dossier. On s’entendait très bien, mes supérieurs m’ont encouragé à participer à sa formation car mon collègue se plaignait que ce n’était pas son métier.

Le lendemain, m’ayant demandé ce que je faisais, j’ai montré une manipulation à ma nouvelle collègue quand il est arrivé dans la pièce et s’est emporté car ce n’était pas à moi de le faire, que j’allais l’embrouiller, etc.

Une nouvelle humiliation.


Je crois que cela a été la pique de trop, je me suis dit qu’il valait mieux ne pas lui répondre. C’est alors que comme à son habitude, il est venu dans le bureau pour énumérer ce qu’il allait faire comme s’il faisait tout, comme d’habitude. Je lui ai juste répondu « OK« , je venais de raccrocher avec un client. Je me suis littéralement fait agresser, il m’a alors dit que j’étais une personne fausse, que je devais baisser mon regard hautain et que si je ne faisais pas attention il allait me traîner dans le bureau de mes supérieurs. Je lui ai donc rétorqué de le faire.

Devinez quoi ? Il ne l’a pas fait. Mais cela fut la goutte de trop et j’ai fait une énorme crise d’angoisse. Mon supérieur a essayé de calmer les choses et a proposé une confrontation après le week-end. Le lundi matin, mon collègue a refusé de venir, à la demande de réunion de son supérieur.

Il a alors dit qu’il ne souhaitait plus m’adresser la parole, comme dans une cour d’école. Mes supérieurs ont accepté ses conditions à lui. Mais elles ne me convenaient, l’ambiance était de plus en plus pesante et il prenait un malin plaisir à me lancer des piques par le biais de discussions avec mes autres collègues et à m’exclure complètement. J’ai donc pris contact avec la médecine du travail qui a trouvé mon état préoccupant et a souhaité me revoir très vite. Or, deux semaines plus tard, j’ai appris par une collègue ayant fait sa première visite, que mon second rendez-vous avait été annulé par mes supérieurs.



Je suis rentrée chez moi et mes jambes ont lâchées, mon compagnon m’a alors emmené chez mon médecin qui m’a immédiatement mise en arrêt pour burn out et syndrome dépressif avancé.


Des collègues avec qui je ne discutais pas sur les réseaux sociaux se sont alors mis à me contacter à chaque renouvellement de mon arrêt pour savoir comment j’allais. En me demandant d’appeler mes supérieurs qui étaient « inquiets ». Est alors intervenu ma première tentative de suicide car je me sentais coupable de laisser tout cela à mes collègues. Puis une seconde tentative quand un collègue m’a dit que mon arrêt était long et que je devais me bouger.

J’ai donc fait un séjour en EPSM (Établissement Public de Santé Mental) que j’ai très mal vécu. J’avais l’impression d’aller en prison alors que j’étais une victime.

Puis de nouveaux messages, des nouvelles du travail et une troisième tentative de suicide qui m’a valu une hospitalisation, suite à une lettre recommandé de mon supérieur me disant de revenir ou de partir, de manière enrobée mais très claire.

Aujourd’hui, je ne sais plus comment sortir de ce cercle vicieux et si je serais capable de trouver un nouveau travail tellement ma confiance en moi est à 0.

J’ai besoin d’aide, j’ai peur de ne pas en ressortir…

Vos mots pour elle :

💜 Courage courage, tu n’es pas seule !!. Tu vas y arriver, ça prend du temps et ça prendra le temps qu’il faut. Tu as la possobilité de prolonger ton arrêt maladie et prendre un congé maladie qui peut durer jusqu’a 3 ans avec ton ou tes medecins, pour te reconstruire. Courage

💜 Je suis tellement choqué de ce que je viens de lire … vos supérieurs sont censés veiller à votre santé – c’est clairement pas le cas ! Reprenez rdv auprès de la médecine du travail + un conseillé syndical
Vous pouvez même le faire savoir

Vous souhaitez aider, apporter des conseils, réagir !?

Le harcèlement moral au travail, on en parle !

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Pour faire appel à mes services : equoot.com

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