Les témoignages, Vouloir remonter la pente

« Je sais que le combat n’est pas terminé et que des fragilités demeurent »

Temps de lecture : 3 min 42 s

Professeur des écoles, j’ai fait un burn out suite à ma première année en tant que titulaire.

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Fonction publique, pas épargnée, Les témoignages

« C’est pour ça que je traine la patte car j’en peux plus »

Temps de lecture: 3 min 48 s

Je suis actuellement dans la fonction publique ou je suis carrossier peintre et pour faire simple, ça a commencé dès que je suis arrivé. Dès mon troisième jour, on me demandait d’aller plus vite alors que le chef d’atelier a dit, à tous les nouveaux arrivants, qu’il nous laisser un mois d’adaptation.


Au départ je me disais que c’était comme ça, un peu partout et que je prends juste un tir, je passe au-dessus et puis voilà. Mais plus ça va et plus je prends des tirs, on me convoque même dans le bureau du chef d’atelier en me disant que je ne suis pas autonome, je leur explique que depuis 2012, je n’ai pas travaillé dans les voitures, que j’ai fais plus de la peinture industrielle, on me répond que je vais avoir un tuteur pour me former, je me dit ok, il ne me laisse même pas m’adapter mais je laisse passer.

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Les témoignages, Vouloir remonter la pente

« Nous ne sommes pas compris par l’entourage, peu de prise en charge financière, c’est double peine. »

Temps de lecture : 1 min 42 s

Je suis « tombée », réellement tombée, encore, cette fois en saluant mon président lors de la soirée de fin d’année, c’était en janvier 2019.


Mon 1er réflexe a été de d’aller consulter mon ostéopathe en pensant à une fragilité de mes chevilles et il me dit : MMe V. vos chevilles vont très bien, je pense que c’est votre tête qui vous lance des alertes.

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Jeunesse au bord du précipice, Les témoignages

« J’avais l’impression que ce que je voulais ne comptais pas, que je ne comptais pas et que je devais écouter les adultes et me taire. »

Temps de lecture: 2 min 6 s

J’ai fait un burn out en classe de 1ère, je sais c’est jeune, et j’ai même été hospitalisée pour ça.

C’est arrivé un soir, d’un coup, ma vision s’est troublée, je ne supportais plus la lumière, je voyais des étoiles, je me suis sentie très faible, j’étais molle, vraiment. J’ai été chez le docteur qui m’a prescrit une prise de sang ainsi qu’une radio des cervicales (il pensait peut-être à un nerf coincé au niveau des cervicales).

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Conseils, Dossiers

La drogue au travail

Temps de lecture: 3 min 22 s

C’est un phénomène que l’on a vu se développer au cours des années 1990-2000 : on est passé d’un monde du travail relativement ‘cool’, avec ses certitudes, à une ambiance sauvage et cette notion de compétition, l’obligation de faire toujours plus de bénéfices.

Dr Hautefeuille, auteur de Drogues à la carte.

Les conditions de travail joueraient donc sur la prise de drogue et la santé en général des travailleurs ?

Eh bien oui.

Selon une étude du cabinet GAE Conseil, en 2019, 44 % des salariés français estiment « fréquentes » les pratiques addictives dans leur milieu professionnel.

Mais depuis quand les addictions frappent les travailleurs, pourquoi nous en sommes arrivés là, quelles sont les causes et les conséquences, qui peut agir ? Nous allons essayer de répondre à ces questions.

Qui sont les « dopés du quotidien » ?

La présence de l’alcool dans certains secteurs professionnels est connue de tous.

On sait que 7,7 % de population consomme quotidiennement de l’alcool selon le Baromètre santé 2010 de l’INPES1.

Outre l’alcool, c’est la consommation de cocaïne sur le lieu de travail qui semble augmenter : son usage parmi les actifs est ainsi progressivement passé de 0,3 % en 2000 à 0,9 % en 2010, et son expérimentation de 2,0 % à 4,3 %. Ce sont les milieux de la restauration, de l’information/communication, et des arts et spectacles qui sont particulièrement consommateurs de ce type de drogues.

Plus récemment, le Baromètre santé de 2014 a montré que les 18-34 ans, eux, sont davantage concernés par la consommation de cannabis que la plupart des travailleurs1 ; et depuis 2017, nous savons que 14,3% des apprentis âgés de 17 ans, en font l’usage régulier.

(on attend les chiffres pour 2020 et 2021…)

Ici, le but n’est pas de culpabiliser les personnes, au contraire !

L’idée est l’alerter les employeurs sur les conditions de travail. Car oui, le travail peut avoir une influence sur la consommation de drogue et, elle-même, impacte le travail. Un cercle vicieux, tabou et dangereux.

Je n’ai pas vu une augmentation de la consommation de drogue, en revanche, c’est la façon de consommer qui est différente : les gens se droguent pour venir travailler.

Fabienne Alcaix, médecin du travail

Les employeurs, quel rôle à jouer ?

Plus du tiers des fumeurs réguliers, 9,3 % des consommateurs d’alcool et 13,0 % des consommateurs de cannabis déclarent avoir augmenté leurs consommations à cause de problèmes liés à leur travail ou à leur situation professionnelle au cours des douze derniers mois1.

On ne peut pas dire que les employeurs ne sont pas informés de l’ampleur du problème.

En effet, 91 % des dirigeants, encadrants et personnels RH et 95 % des représentants du personnel/syndicats déclarent que les salariés de leurs structures consomment au moins un produit psychoactif 3.  

Ils sont donc informés du problème mais ont-ils conscience d’en être la cause ? Que font-ils pour le bien-être des collaborateurs ? Si les addictions sont parfois considérées comme des « béquilles » pour survivre, la consommation de drogue peut réellement causer des problèmes sur le travail des autres.

Un exemple de comment aborder le sujet du cannabis avec les apprentis :

Apprentis et cannabis: Comment réagir ?

Et comment endiguer le problème si même le dirigeant est, lui-même, drogué régulièrement ?

Le tabou à ce sujet ne fait qu’augmenter les conséquences de ce fléau.

Exemple : Un patron, sous emprise de stupéfiant rentre dans un bureau, super puissant, vantard, clacheur et hyperactif, il adopte un comportement inapproprié et insensé, il pose des questions sur la vie sexuelle de ses employées, il met la pression à ses collaborateurs comme si sa vie en dépendait, comment réagir si on n’est pas informé qu’il est sous l’emprise de la drogue ?

Et si les politiques pouvaient faire quelque chose ?

Les employeurs sont informés mais n’agissent pas. Le serpent se mord la queue. Alors comment faire de la prévention dans ces cas-là ? Et si le problème était politique ?

Nous savons que le rythme de travail soutenu (plus de 40h par semaine) a une influence sur les addictions, mais pas seulement. Les heures supplémentaires peuvent être à l’origine de troubles psychiques, d’anomalies lors de la grossesse ou d’altérations de l’état général (comme l’asthénie). C’est pour cela que certains professionnels s’attachent à « démontrer que la limitation du temps de travail était fondée« , comme dans cet article, paru au mois de mars 2020 4.

Pourtant, même si les autorités publiques savent que les travailleurs encourent de graves dangers en faisant des journées à rallonge, et malgré le fait que nos ainés se sont battus pour obtenir plus de temps de loisirs (cf. 8h de travail) ; le gouvernement français, toujours en mars 2020, a autorisé de porter la durée du travail à 60 heures par semaine (soit 12h par jour) pour certains secteurs5. Cette augmentation du temps de travail est valable jusqu’au 30 juin 2021…

On peut se demander quelles seront les conséquences de telles décisions sur la prise de stupéfiants et sur le bien-être plus généralement.

Voici un témoignage qui illustre cette situation :

Vous souhaitez témoigner vous aussi ?

Sur TravailEcoute c’est possible, anonyme et gratuit.

Sources :

1 INPES, Baromètre Santé consacré aux consommations de substances psychoactives en milieu professionnel.

2 Enquête ESCAPAD 2017 (France métropolitaine), OFDT

3 Une enquête de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT)

5 Durée du travail d’un salarié à temps plein | service-public.fr (service-public.fr)

Lignes téléphoniques | Mildeca (drogues.gouv.fr)

Sur TravailEcoute :

  • Vous pouvez vous exprimer librement sur le travail, partager votre expérience, vos conseils, vos coups de gueule, vos aspirations.

On ne vous juge pas, on ne vous fera jamais sentir coupable, on vous lira avec bienveillance.

  • Vous trouverez des histoires probablement similaires à la vôtre si vous avez déjà souffert au travail et si vous ne vous êtes pas senti écouté.
  • Vous pourrez également découvrir des articles au sujet du monde du travail car je crois qu’au-delà de nos vécus personnels, le système en général mérite d’être remis en question et en attendant que la sphère professionnelle évolue vers plus de compassion, je propose quelques conseils pour « survivre » au travail.
Comportements toxiques, Les témoignages

« Je connais des collègues qui consomment de la cocaïne pour tenir le rythme »

Temps de lecture: 1 min 15 s

Bonjour, je viens de découvrir ton travail. Bravo et merci !

Perso je travaille en communication et c’est considéré comme normal de faire systématiquement des heures supplémentaires (pas payées of course). Il y a une sorte de culture malsaine de « qui tiendra le plus longtemps » (surtout en agence mais pas que).

Je connais des collègues qui consomment de la cocaïne pour tenir le rythme (en marketing publicité et journalisme c’est assez connu).

Au début, en sortant de mes études, je pensais normal aussi de donner tout ce que j’ai pour « mériter » ma place. Je commençais à 9h30 et rentrais à 22h, 23h chez moi. Je bossais le weekend. 60h par semaine c’était normal. Puis j’ai commencé à tout simplement être moins efficace dû à la fatigue et on ne m’a pas renouvelé mon contrat.

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Comportements toxiques, Les témoignages

Au secours, sortez moi de là !

« Bonjour, je me permet de vous écrire car j’ai besoin de soutien et de conseils en cette période compliquée. Je suis réceptionniste de nuit dans un hôtel, en centre-ville de Nantes.

Je travaille seule de 23h30 à 6h45 et j’assure entre autres la sécurité d’une centaine de chambres. A la sortie du confinement, de mai à juin, j’ai subi trois agressions par plusieurs hommes à chaque fois (une verbale, une verbale avec menaces physiques et pour couronner le tout une tentative d’attouchement, par un client sorti de prison la veille…). A la suite de ces événements, je n’ai pas trouvé de réconfort auprès de mes collègues qui ont estimés que je n’étais tout simplement pas faite pour ce métier et que je l’avais sûrement cherché par ma façon d’être (ce sont des femmes pour la plupart et elle ne prendrait ma place pour rien au monde). J’ai donc pris rdv avec mon directeur, l’adjoint était présent. L’entretien n’a rien donné de positif. Apparemment mes collègues avaient déjà fait leur rapport et mon supérieur avait tranché :

Je n’avais qu’à changer de métier si celui-ci ne me convenait pas.

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Divers, Dossiers

L’ASTHÉNIE, quand la fatigue devient anormale.

J’ai découvert ce terme, l’asthénie, après mon burn-out lorsque j’ai lu le compte rendu d’hospitalisation.

Moi, je savais que la cause de mes symptômes physiques était liée à l’épuisement professionnel, mais aucun professionnel de la santé n’avait confirmé mon sentiment, celui d’être épuisé. Alors je voulais partager avec vous mes recherches à ce sujet.

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Les témoignages, Vouloir remonter la pente

« Vous vous dites « allez tiens bon tu vas y arriver », et c’est également ce que vous dit le management, alors vous y croyez. »

Dans mon travail en tant que chef de projet, je suis pris en permanence au milieu de tout le monde. Il y a d’un côté les clients qui veulent tout pour demain, les équipes qui ne sont pas disponible, le management qui dit que vos projets ne sont pas prioritaires et vous êtes au milieu de tout cela et vous devez composer avec. Donc vous essayez de répondre au mieux au client pour ne pas le perdre et le satisfaire, et pour cela, vous réfléchissez toute la journée à ce que vous allez répondre et surtout comment, en se mettant à sa place.

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Jeunesse au bord du précipice, Les témoignages

« Tout le monde veut que je m’arrête et personne ne comprend mon angoisse… »

Je viens d’être diagnostiquée en épuisement au travail depuis une semaine. Mon docteur m’a arrêté, jeudi et vendredi 18 et 29, veille de mes vacances.

Malgré les antidépresseurs et mon état tristesse permanente, avec un gros manque de motivation, j’ai repris ce matin. Je dois préciser que je fais de la RH et que je suis en pleine période de paie… Toute la matinée je me suis demandé ce que je faisais là… J’ai eu beaucoup de mal à me concentrer, tout a été une épreuve… Dès qu’on me demandait si ça allait j’avais les larmes aux yeux…

Je n’ai pas envie d’y retourner demain mais il y a du monde qui compte sur moi et je n’ai pas, en plus, envie de cumuler plus de retard car personnes ne me remplacera sauf pour minimum…

Personne ne me comprend… Tout le monde veut que je m’arrête et personne ne comprend mon angoisse… Je me dis que, s’il m’arrivait quelque chose, j’aurais une bonne excuse pour ne pas aller bosser…. Désolé je ne suis pas très optimiste !


Si des personnes me comprennent qu’elles n’hésitent pas à me raconter leurs histoires.