Comportements toxiques, Les témoignages

« J’avais l’impression d’aller en prison alors que j’étais une victime. »

Bonjour,

J’envoie cette bouteille à la mer comme une lettre qui me permettra peut-être de guérir.


J’ai commencé à travailler dans un service de recouvrement, au début cela se passait plutôt bien même si l’ambiance au travail n’était pas au beau fixe et que je ne me sentais pas vraiment intégrée.

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Conseils, Dossiers

Drogue au travail ?

Temps de lecture: 3 min 22 s

C’est un phénomène que l’on a vu se développer au cours des années 1990-2000 : on est passé d’un monde du travail relativement ‘cool’, avec ses certitudes, à une ambiance sauvage et cette notion de compétition, l’obligation de faire toujours plus de bénéfices.

Dr Hautefeuille, auteur de Drogues à la carte.

Les conditions de travail joueraient donc sur la prise de drogue et la santé en général des travailleurs ?

Eh bien oui.

Selon une étude du cabinet GAE Conseil, en 2019, 44 % des salariés français estiment « fréquentes » les pratiques addictives dans leur milieu professionnel.

Mais depuis quand les addictions frappent les travailleurs, pourquoi nous en sommes arrivés là, quelles sont les causes et les conséquences, qui peut agir ? Nous allons essayer de répondre à ces questions.

Qui sont les « dopés du quotidien » ?

La présence de l’alcool dans certains secteurs professionnels est connue de tous.

On sait que 7,7 % de population consomme quotidiennement de l’alcool selon le Baromètre santé 2010 de l’INPES1.

Outre l’alcool, c’est la consommation de cocaïne sur le lieu de travail qui semble augmenter : son usage parmi les actifs est ainsi progressivement passé de 0,3 % en 2000 à 0,9 % en 2010, et son expérimentation de 2,0 % à 4,3 %. Ce sont les milieux de la restauration, de l’information/communication, et des arts et spectacles qui sont particulièrement consommateurs de ce type de drogues.

Plus récemment, le Baromètre santé de 2014 a montré que les 18-34 ans, eux, sont davantage concernés par la consommation de cannabis que la plupart des travailleurs1 ; et depuis 2017, nous savons que 14,3% des apprentis âgés de 17 ans, en font l’usage régulier.

(on attend les chiffres pour 2020 et 2021…)

Ici, le but n’est pas de culpabiliser les personnes, au contraire !

L’idée est l’alerter les employeurs sur les conditions de travail. Car oui, le travail peut avoir une influence sur la consommation de drogue et, elle-même, impacte le travail. Un cercle vicieux, tabou et dangereux.

Je n’ai pas vu une augmentation de la consommation de drogue, en revanche, c’est la façon de consommer qui est différente : les gens se droguent pour venir travailler.

Fabienne Alcaix, médecin du travail

Les employeurs, quel rôle à jouer ?

Plus du tiers des fumeurs réguliers, 9,3 % des consommateurs d’alcool et 13,0 % des consommateurs de cannabis déclarent avoir augmenté leurs consommations à cause de problèmes liés à leur travail ou à leur situation professionnelle au cours des douze derniers mois1.

On ne peut pas dire que les employeurs ne sont pas informés de l’ampleur du problème.

En effet, 91 % des dirigeants, encadrants et personnels RH et 95 % des représentants du personnel/syndicats déclarent que les salariés de leurs structures consomment au moins un produit psychoactif 3.  

Ils sont donc informés du problème mais ont-ils conscience d’en être la cause ? Que font-ils pour le bien-être des collaborateurs ? Si les addictions sont parfois considérées comme des « béquilles » pour survivre, la consommation de drogue peut réellement causer des problèmes sur le travail des autres.

Un exemple de comment aborder le sujet du cannabis avec les apprentis :

Apprentis et cannabis: Comment réagir ?

Et comment endiguer le problème si même le dirigeant est, lui-même, drogué régulièrement ?

Le tabou à ce sujet ne fait qu’augmenter les conséquences de ce fléau.

Exemple : Un patron, sous emprise de stupéfiant rentre dans un bureau, super puissant, vantard, clacheur et hyperactif, il adopte un comportement inapproprié et insensé, il pose des questions sur la vie sexuelle de ses employées, il met la pression à ses collaborateurs comme si sa vie en dépendait, comment réagir si on n’est pas informé qu’il est sous l’emprise de la drogue ?

Et si les politiques pouvaient faire quelque chose ?

Les employeurs sont informés mais n’agissent pas. Le serpent se mord la queue. Alors comment faire de la prévention dans ces cas-là ? Et si le problème était politique ?

Nous savons que le rythme de travail soutenu (plus de 40h par semaine) a une influence sur les addictions, mais pas seulement. Les heures supplémentaires peuvent être à l’origine de troubles psychiques, d’anomalies lors de la grossesse ou d’altérations de l’état général (comme l’asthénie). C’est pour cela que certains professionnels s’attachent à « démontrer que la limitation du temps de travail était fondée« , comme dans cet article, paru au mois de mars 2020 4.

Pourtant, même si les autorités publiques savent que les travailleurs encourent de graves dangers en faisant des journées à rallonge, et malgré le fait que nos ainés se sont battus pour obtenir plus de temps de loisirs (cf. 8h de travail) ; le gouvernement français, toujours en mars 2020, a autorisé de porter la durée du travail à 60 heures par semaine (soit 12h par jour) pour certains secteurs5. Cette augmentation du temps de travail est valable jusqu’au 30 juin 2021…

On peut se demander quelles seront les conséquences de telles décisions sur la prise de stupéfiants et sur le bien-être plus généralement.

Voici un témoignage qui illustre cette situation :

Vous souhaitez témoigner vous aussi ?

Sur TravailEcoute c’est possible, anonyme et gratuit.

Sources :

1 INPES, Baromètre Santé consacré aux consommations de substances psychoactives en milieu professionnel.

2 Enquête ESCAPAD 2017 (France métropolitaine), OFDT

3 Une enquête de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT)

5 Durée du travail d’un salarié à temps plein | service-public.fr (service-public.fr)

Lignes téléphoniques | Mildeca (drogues.gouv.fr)

Sur TravailEcoute :

  • Vous pouvez vous exprimer librement sur le travail, partager votre expérience, vos conseils, vos coups de gueule, vos aspirations.

On ne vous juge pas, on ne vous fera jamais sentir coupable, on vous lira avec bienveillance.

  • Vous trouverez des histoires probablement similaires à la vôtre si vous avez déjà souffert au travail et si vous ne vous êtes pas senti écouté.
  • Vous pourrez également découvrir des articles au sujet du monde du travail car je crois qu’au-delà de nos vécus personnels, le système en général mérite d’être remis en question et en attendant que la sphère professionnelle évolue vers plus de compassion, je propose quelques conseils pour « survivre » au travail.
Comportements toxiques, Les témoignages

« Je connais des collègues qui consomment de la cocaïne pour tenir le rythme »

Temps de lecture: 1 min 15 s

Bonjour, je viens de découvrir ton travail. Bravo et merci !

Perso je travaille en communication et c’est considéré comme normal de faire systématiquement des heures supplémentaires (pas payées of course). Il y a une sorte de culture malsaine de « qui tiendra le plus longtemps » (surtout en agence mais pas que).

Je connais des collègues qui consomment de la cocaïne pour tenir le rythme (en marketing publicité et journalisme c’est assez connu).

Au début, en sortant de mes études, je pensais normal aussi de donner tout ce que j’ai pour « mériter » ma place. Je commençais à 9h30 et rentrais à 22h, 23h chez moi. Je bossais le weekend. 60h par semaine c’était normal. Puis j’ai commencé à tout simplement être moins efficace dû à la fatigue et on ne m’a pas renouvelé mon contrat.

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Les témoignages, Quand le corps parle...

« Si l’argent était une langue, il faudrait que j’en apprenne les rudiments »

« Tu n’as pas à prendre de vacances… tu n’es pas une employée à problèmes, tu n’es pas mère célibataire avec des enfants… »


« Si j’étais toi, je ferais ce qu’ils vont te dire sans broncher… »


« Si tu prends tes vacances, tu seras dans le viseur des licenciements économiques. Tu auras pris des vacances donc tu n’auras pas contribué comme tout le monde pour sauver la boîte ! »


« Tu étais en télétravail ? écoute, la déclaration à temps partiel sur ton bulletin c’est pour sauver vos postes et sauver la boîte. Estime-toi heureuse et reconnaissante d’avoir encore du boulot ! »


« Tu n’auras qu’une semaine de vacances et la deuxième on la fait sauter ? ça te va ? »


NON. Non, ça ne va pas.

Au-delàs d’aller ou pas, ça reste surtout illégal. Ils sont au-dessus de tout, tout le temps. Pas de règles, pas de lois, manipulation et chantage sont les maîtres mots d’un management écœurant. Enfin, si on peut appeler tout cela du management.
Des boss, qui revendiquent le bien-être en entreprise et la bienveillance… mais tutoyer ses patrons de 35ans, dire bonjour à tous les employés avec un grand et faux sourire n’est pas suffisant.
Le bien paraitre pour ne pas entacher l’image de dirigeants méprisants.

Nous, je, nous sommes, je suis, employés, pions, machines à sous, poupées de chiffon, vaches à lait, chair à pognon.
Tu, tu es, un patron classique. Tu es tout ce qu’il y a de plus classique et prévisible dans ton rôle de dirigeant, de chef,
de petit chef.
Nous sommes à tes soins, à tes ordres et à ton rendement. Comme du bétail bien éduqué et parfaitement conditionné,
nous produisons ce que tu désires le plus.
Si l’argent était une langue, il faudrait que j’en apprenne les rudiments afin de les comprendre. Afin de comprendre la façon dont ils ont de voir leurs employés.


Arrêt maladie. Je n’ai pas eu une gastro ou une grippe saisonnière. Cerveau. Tumeur. C’était bénin, certes. Mais à cet instant de ma vie, j’aurais aimé avoir et recevoir des tonnes de bienveillance et de compréhension.
Scanner, IRM, neurologue, neurochirurgien… pendant une année, ma vie a été ponctuée de quelques RDV médicaux. Un suivi essentiel et primordial pour une guérison totale.


« Ecoute, tous tes rendez-vous là… va falloir se calmer. »


« Bon, c’est comme un rendez-vous chez le coiffeur, tu peux caler ça le samedi matin comme tout le monde ».


« Tu n’as rien à dire je pense… on a quand même été extrêmement bienveillants pendant ton arrêt maladie, avec tous tes rendez-vous ! »


Qui sont-ils pour oser dire tout cela… et encore, s’il n’y avait que ça. A rédiger ces « maux », la nausée pointe le bout de son nez. Ces paroles, ces actes, m’affectent encore psychologiquement. Je suis réduite à un rendement, je perds petit à petit toute humanité et devient un robot, une machine à sous.


Machine à sous.

Ici, l’argent achète tout. Même mon joli sourire et mon silence. Après des mois compliqués où la pression et la charge de travail m’ont énormément affecté, mon sourire crispé a laissé place à un visage aux traits tirés, plombé par un sourire à peine perceptible. Je remuais ciel et terre, essayais de me faire voir, étendre, comprendre.

« Comment on fait si tout le monde faisait la gueule ? Tu dois venir ici avec le sourire et être de bonne humeur. Les problèmes tu les laisses chez toi. »

« J’ai pensé à t’augmenter… en système de primes sur 2/3 mois dans un 1er temps : 100€ brut. Mais attention, pour avoir cette prime : tu dois sourire, être enjouée et être de bonne humeur. Si le contrat n’est pas respecté, ça saute. C’est donnant donnant ! »

Négociations douteuses et chantage, harcèlement psychologique, considération zéro et comportements abusifs… rien ne les arrête. Il va falloir que ça cesse. Rapidement.

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Les témoignages, Vouloir remonter la pente

« Je n’ose pas en parler autour de moi. »

Je suis actuellement en arrêt pour burn out à la suite d’un harcèlement au travail.

Je n’ose pas en parler autour de moi car je serais vu comme quelqu’un qui ne supporte pas le travail en équipe ou qui n’arrive pas à supporter la critique.

Depuis plusieurs mois déjà je subis réflexions sur réflexions toute la journée sur mon physique, ma manière de vivre, ma vie …

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Fonction publique, pas épargnée, Les témoignages

« Il ne s’agit pas uniquement de me plaindre mais d’alerter »

Mardi 10 Novembre 2020, les enseignants sont en grève. On dit qu’ils dénoncent un protocole sanitaire très insuffisant, c’est vrai. Mais le problème est bien plus large.

Voici le témoignage de Justine.

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Divers, Dossiers

L’ASTHÉNIE, quand la fatigue devient anormale.

J’ai découvert ce terme, l’asthénie, après mon burn-out lorsque j’ai lu le compte rendu d’hospitalisation.

Moi, je savais que la cause de mes symptômes physiques était liée à l’épuisement professionnel, mais aucun professionnel de la santé n’avait confirmé mon sentiment, celui d’être épuisé. Alors je voulais partager avec vous mes recherches à ce sujet.

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Divers, Dossiers

Harcèlement Moral au travail

Le harcèlement est un sujet qui me tient particulièrement à cœur.

Nous avons déjà évoqué ces collègues de boulot toxiques appelés « toxifiers » mais nous verrons ici que ces comportements nocifs peuvent créer de véritables bouleversements chez les personnes qui en sont victimes.

Le harcèlement au travail en France, une réalité ?

36% des français, à ce jour, déclarent avoir déjà subi le harcèlement moral au travail (source : Parlons Travail – CFDT). Et, en 2017, sans pour autant se sentir harcelés, 16% des français confient avoir fait face à des comportements « hostiles », et ce, de manière systématique (source : Enquête SUMER 2017).

Voici quelques exemples de comportements « hostiles » au travail :

  • des situations dégradantes (on laisse entendre que vous êtes dérangés, on vous dit des choses obscènes ou dégradantes, on vous fait des propositions à caractère sexuel de façon insistante),
  • des situations de déni de reconnaissance (on critique injustement votre travail, on vous charge de tâches inutiles ou dégradantes, on sabote votre travail, on vous empêche de travailler correctement)
  • des comportements méprisants (on vous ignore, etc.).

Finalement, qu’est-ce que le harcèlement ?

Le verbe « harceler » viendrait du mot « herser », qui signifie, « soumettre à l’action de la herse ». La herse est un instrument à dents de fer ou d’acier, qu’un attelage ou un tracteur traîne roule sur une terre labourée pour briser les mottes, pour enfouir les semences ou les mauvaises herbes ».

Aujourd’hui, harceler quelqu’un est défini comme le fait de « tourmenter, l’inquiéter par de petites mais de fréquentes attaques ». Pour être plus précis, le harcèlement moral est considéré une conduite abusive (humiliations, menaces…) exercée de manière insidieuse et répétée par une personne sur une autre, pour la déstabiliser (Le Petit Robert).

On parle aussi de mobbing

Le terme de « mobbing », tel qu’employé par Heinz Leymann, psychosociologue suédois, trouve son origine dans le verbe anglais « to mob » qui signifie « assaillir, agresser, tourmenter ».

Dans le cadre du travail, le mobbing est défini comme : « une situation communicative qui menace d’infliger à l’individu de graves dommages psychiques et physiques. Le mobbing est un processus de destruction ; il est constitué d’agissements hostiles qui, pris isolément, pourraient sembler anodins, mais dont la répétition constante a des effets pernicieux ».

En effet, selon le psychosociologue suédois, cette répétition de «petites» violence sur une longue durée suffit « à déstabiliser, à angoisser la victime, à la briser et à l’exclure ».

On parle aussi de vampirisme psychoaffectif

Le harcèlement moral a également été qualifié de « vampirisme psychoaffectif ».

Kathleen Rhodes, spécialiste en soins psychiatriques, et Daniel Rhodes, précisent que ce vampirisme se retrouve dans notre vie quotidienne et que « le sang que sucent ces vampires ne court pas dans nos veines : il s’agit de son équivalent psychoaffectif, soit notre fluide énergétique mental et émotionnel ». 

Mais alors que cherchent ces vampires au travail ? L’objectif est de puiser l’énergie de leur victime afin d’augmenter la leur. Il est parfois difficile d’admettre que quelqu’un puisse être jaloux de nous (surtout si l’on a peu confiance en soi) et pourtant, il y a quelque chose chez les victimes qui attise l’envie chez les harceleurs, c’est certain. Marie-France Hirigoyen, psychiatre, psychanalyste et victimologue, précise qu’« ils observent avec envie que d’autres individus ont ce qu’il faut pour se réaliser. Passant à côté d’eux-mêmes, ils essaient de détruire le bonheur qui passe près d’eux. »

Mais le harcèlement, CE N’EST PAS :

Ce n’est pas un conflit

Au travail, pour différencier les problèmes relationnels générant des conflits d’un réel harcèlement, il est important de garder à l’esprit que le harcèlement est une suite d’agressions unilatérales. Alors qu’un conflit (qui peut être positif) implique lui, « des interactions et une dynamique qui se poursuit de manière bilatérale ou collective, et dont peut surgir la solution d’un problème » comme le relève très justement Marie Deveaud-Plédran dans sa thèse au sujet du harcèlement dans les relations de travail. Il serait préférable d’utiliser des méthodes de CNV plutôt que le harcèlement…

Ce n’est pas du « stress positif »

Le psychosociologue suédois Heinz Leymann, confirme qu’aucun être humain ne peut résister longtemps au harcèlement (au mobbing), car « pour supporter ces agressions répétées, une personne a besoin de ressources considérables ». Certains professionnels estiment qu’au-delà de 6 mois de harcèlement, le corps et l’esprit commencent à s’épuiser réellement et à laisser des traces indélébiles (autrement appelées « traumatismes » pouvant contribuer à un véritable épuisement professionnel), ce qui n’est absolument pas positif !

Ce n’est pas de l’humour

Qui a déjà entendu ce genre de phrase au boulot ?

« Rohhh mais c’est de l’humour ! », « T’es pas drôle », « T’es trop susceptible ! », « Tu prends tout mal, on peut rien dire ». 

Le mieux ne serait-il pas de rire ensemble ? La culture du clash est dangereuse. Amuser la galerie, au risque de blesser, en vaut-il la peine ? Qui doit faire attention ? Celui qui reçoit l’attaque ou celui qui l’envoie (même sous couvert de l’humour) ? Pour autant, en entreprise, nous pouvons rencontrer des «faux comiques ». Vous savez, c’est ce genre de personne qui vise toujours autrui mais jamais lui-même.

En effet, la harceleuse ou le harceleur fait rarement de l’autodérision, elle/il utilise l’humour pour maltraiter l’autre. Ariane Bilheran, psychologue et écrivain française, spécialiste du harcèlement, rappelle que « l’humour est toujours signifiant et jamais anodin ».

Quelles sont les différentes formes que peut prendre le harcèlement au travail ?

Harcèlement individuel : dans ce type de harcèlement, la harceleuse ou le harceleur a une cible bien précise dans sa ligne de mire. L’objectif est de détruire et/ou d’humilier la personne afin de flatter son égo. Ces agressions peuvent venir d’une personne travaillant dans l’organisation (collègue, manager, patron.ne…) ou de l’extérieur (client, fournisseur…)

Harcèlement transversal : ici, les agressions se font entre collaborateurs. L’objectif étant de malmener ses collègues de travail quitte à faire, de l’environnement de travail, un véritable cauchemar (cf. article sur les toxifiers)

Harcèlement stratégique : le harcèlement stratégique consiste à pousser à bout une personne dans le but qu’elle n’en puisse plus et décide de capituler. C’est une méthode de « management » qui incite les travailleurs à démissionner (moyen de détourner les formes légales du licenciement comme l’explique très bien Didier Bille dans son livre « DHR, la machine à broyer »)

Harcèlement institutionnel : le harcèlement est une culture dans certaines organisation et parfois, il est même valorisé. Selon Alain Labruffe, docteur en psychologie du travail, l’objectif de la direction est de « générer des situations chroniques d’épuisement professionnel en laissant libre court à la prolifération de harceleurs », à la montée en puissance des « petits chefs » et aux phénomènes de groupe destructeurs.

Que dit la loi ?

Le code du travail rappelle qu’aucun salarié ne doit subir des agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel (article L. 1152-1 du code du travail).

Le fait de harceler est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende (article 222-33-2 code pénal).

Sources de cet article sont disponibles ici

Vous avez connu / vous connaissez une situation de harcèlement moral au travail ?

Caissière en libre-service, Comportements toxiques, Les témoignages

Chasser les peurs individuelles et l’égoïsme

L’entreprise a besoin d’évoluer vers la prise en compte de l’autre et si l’on n’a pas fait un tant soit peu le tour de soi-même, comme le dit si bien Fabrice Luchini, comment peut-on s’intéresser à autrui ?

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Dossiers

Les toxifiers

TOXIFIER : Personne toxique au travail

Heidrun Schüler-Lubienetzki, psychologue allemande, et son mari ont coaché les salariés de nombreuses entreprises. Lors de ces accompagnements, ils ont découvert une problématique récurrente, celle des personnalités « toxiques » au travail.

Les toxifiers représenteraient 5 à 10% des employés d’une organisation (voire plus selon certaines entreprises…). Leurs comportements contaminent l’atmosphère et font du quotidien, un véritable cauchemar. Ces personnalités, nocives pour les organisations, freinent la communication, bloquent les synergies entre les personnes, envoient des collaborateurs en arrêt maladie pour harcèlement, détruisent des carrières, divulguent de fausses informations, poussent à l’épuisement professionnel… etc.

L’impact sur la productivité et l’efficacité des groupes de travail est considérable. Ainsi, les toxifiers coûteraient environ 10 milliards d’euros par an aux entreprises allemandes. Combien pour la France ?

Dans ce domaine l’égalité femme-homme respectée. Il n’y a pas de règle en la matière. Certains disent qu’ils seraient plus nombreux dans le domaine politique, de l’art, de la finance ou encore des médias. Mais comment savoir si ce collègue « un peu spécial » est « toxique » ?

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