Les témoignages, Vouloir remonter la pente

« Nous ne sommes pas compris par l’entourage, peu de prise en charge financière, c’est double peine. »

Temps de lecture : 1 min 42 s

Je suis « tombée », réellement tombée, encore, cette fois en saluant mon président lors de la soirée de fin d’année, c’était en janvier 2019.


Mon 1er réflexe a été de d’aller consulter mon ostéopathe en pensant à une fragilité de mes chevilles et il me dit : MMe V. vos chevilles vont très bien, je pense que c’est votre tête qui vous lance des alertes.

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Comportements toxiques, Les témoignages

« J’avais l’impression d’aller en prison alors que j’étais une victime. »

Bonjour,

J’envoie cette bouteille à la mer comme une lettre qui me permettra peut-être de guérir.


J’ai commencé à travailler dans un service de recouvrement, au début cela se passait plutôt bien même si l’ambiance au travail n’était pas au beau fixe et que je ne me sentais pas vraiment intégrée.

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Comportements toxiques, Les témoignages

« Je connais des collègues qui consomment de la cocaïne pour tenir le rythme »

Temps de lecture: 1 min 15 s

Bonjour, je viens de découvrir ton travail. Bravo et merci !

Perso je travaille en communication et c’est considéré comme normal de faire systématiquement des heures supplémentaires (pas payées of course). Il y a une sorte de culture malsaine de « qui tiendra le plus longtemps » (surtout en agence mais pas que).

Je connais des collègues qui consomment de la cocaïne pour tenir le rythme (en marketing publicité et journalisme c’est assez connu).

Au début, en sortant de mes études, je pensais normal aussi de donner tout ce que j’ai pour « mériter » ma place. Je commençais à 9h30 et rentrais à 22h, 23h chez moi. Je bossais le weekend. 60h par semaine c’était normal. Puis j’ai commencé à tout simplement être moins efficace dû à la fatigue et on ne m’a pas renouvelé mon contrat.

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Comportements toxiques, Les témoignages

Au secours, sortez moi de là !

« Bonjour, je me permet de vous écrire car j’ai besoin de soutien et de conseils en cette période compliquée. Je suis réceptionniste de nuit dans un hôtel, en centre-ville de Nantes.

Je travaille seule de 23h30 à 6h45 et j’assure entre autres la sécurité d’une centaine de chambres. A la sortie du confinement, de mai à juin, j’ai subi trois agressions par plusieurs hommes à chaque fois (une verbale, une verbale avec menaces physiques et pour couronner le tout une tentative d’attouchement, par un client sorti de prison la veille…). A la suite de ces événements, je n’ai pas trouvé de réconfort auprès de mes collègues qui ont estimés que je n’étais tout simplement pas faite pour ce métier et que je l’avais sûrement cherché par ma façon d’être (ce sont des femmes pour la plupart et elle ne prendrait ma place pour rien au monde). J’ai donc pris rdv avec mon directeur, l’adjoint était présent. L’entretien n’a rien donné de positif. Apparemment mes collègues avaient déjà fait leur rapport et mon supérieur avait tranché :

Je n’avais qu’à changer de métier si celui-ci ne me convenait pas.

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Divers, Dossiers

Harcèlement Moral au travail

Le harcèlement est un sujet qui me tient particulièrement à cœur.

Nous avons déjà évoqué ces collègues de boulot toxiques appelés « toxifiers » mais nous verrons ici que ces comportements nocifs peuvent créer de véritables bouleversements chez les personnes qui en sont victimes.

Le harcèlement au travail en France, une réalité ?

36% des français, à ce jour, déclarent avoir déjà subi le harcèlement moral au travail (source : Parlons Travail – CFDT). Et, en 2017, sans pour autant se sentir harcelés, 16% des français confient avoir fait face à des comportements « hostiles », et ce, de manière systématique (source : Enquête SUMER 2017).

Voici quelques exemples de comportements « hostiles » au travail :

  • des situations dégradantes (on laisse entendre que vous êtes dérangés, on vous dit des choses obscènes ou dégradantes, on vous fait des propositions à caractère sexuel de façon insistante),
  • des situations de déni de reconnaissance (on critique injustement votre travail, on vous charge de tâches inutiles ou dégradantes, on sabote votre travail, on vous empêche de travailler correctement)
  • des comportements méprisants (on vous ignore, etc.).

Finalement, qu’est-ce que le harcèlement ?

Le verbe « harceler » viendrait du mot « herser », qui signifie, « soumettre à l’action de la herse ». La herse est un instrument à dents de fer ou d’acier, qu’un attelage ou un tracteur traîne roule sur une terre labourée pour briser les mottes, pour enfouir les semences ou les mauvaises herbes ».

Aujourd’hui, harceler quelqu’un est défini comme le fait de « tourmenter, l’inquiéter par de petites mais de fréquentes attaques ». Pour être plus précis, le harcèlement moral est considéré une conduite abusive (humiliations, menaces…) exercée de manière insidieuse et répétée par une personne sur une autre, pour la déstabiliser (Le Petit Robert).

On parle aussi de mobbing

Le terme de « mobbing », tel qu’employé par Heinz Leymann, psychosociologue suédois, trouve son origine dans le verbe anglais « to mob » qui signifie « assaillir, agresser, tourmenter ».

Dans le cadre du travail, le mobbing est défini comme : « une situation communicative qui menace d’infliger à l’individu de graves dommages psychiques et physiques. Le mobbing est un processus de destruction ; il est constitué d’agissements hostiles qui, pris isolément, pourraient sembler anodins, mais dont la répétition constante a des effets pernicieux ».

En effet, selon le psychosociologue suédois, cette répétition de «petites» violence sur une longue durée suffit « à déstabiliser, à angoisser la victime, à la briser et à l’exclure ».

On parle aussi de vampirisme psychoaffectif

Le harcèlement moral a également été qualifié de « vampirisme psychoaffectif ».

Kathleen Rhodes, spécialiste en soins psychiatriques, et Daniel Rhodes, précisent que ce vampirisme se retrouve dans notre vie quotidienne et que « le sang que sucent ces vampires ne court pas dans nos veines : il s’agit de son équivalent psychoaffectif, soit notre fluide énergétique mental et émotionnel ». 

Mais alors que cherchent ces vampires au travail ? L’objectif est de puiser l’énergie de leur victime afin d’augmenter la leur. Il est parfois difficile d’admettre que quelqu’un puisse être jaloux de nous (surtout si l’on a peu confiance en soi) et pourtant, il y a quelque chose chez les victimes qui attise l’envie chez les harceleurs, c’est certain. Marie-France Hirigoyen, psychiatre, psychanalyste et victimologue, précise qu’« ils observent avec envie que d’autres individus ont ce qu’il faut pour se réaliser. Passant à côté d’eux-mêmes, ils essaient de détruire le bonheur qui passe près d’eux. »

Mais le harcèlement, CE N’EST PAS :

Ce n’est pas un conflit

Au travail, pour différencier les problèmes relationnels générant des conflits d’un réel harcèlement, il est important de garder à l’esprit que le harcèlement est une suite d’agressions unilatérales. Alors qu’un conflit (qui peut être positif) implique lui, « des interactions et une dynamique qui se poursuit de manière bilatérale ou collective, et dont peut surgir la solution d’un problème » comme le relève très justement Marie Deveaud-Plédran dans sa thèse au sujet du harcèlement dans les relations de travail. Il serait préférable d’utiliser des méthodes de CNV plutôt que le harcèlement…

Ce n’est pas du « stress positif »

Le psychosociologue suédois Heinz Leymann, confirme qu’aucun être humain ne peut résister longtemps au harcèlement (au mobbing), car « pour supporter ces agressions répétées, une personne a besoin de ressources considérables ». Certains professionnels estiment qu’au-delà de 6 mois de harcèlement, le corps et l’esprit commencent à s’épuiser réellement et à laisser des traces indélébiles (autrement appelées « traumatismes » pouvant contribuer à un véritable épuisement professionnel), ce qui n’est absolument pas positif !

Ce n’est pas de l’humour

Qui a déjà entendu ce genre de phrase au boulot ?

« Rohhh mais c’est de l’humour ! », « T’es pas drôle », « T’es trop susceptible ! », « Tu prends tout mal, on peut rien dire ». 

Le mieux ne serait-il pas de rire ensemble ? La culture du clash est dangereuse. Amuser la galerie, au risque de blesser, en vaut-il la peine ? Qui doit faire attention ? Celui qui reçoit l’attaque ou celui qui l’envoie (même sous couvert de l’humour) ? Pour autant, en entreprise, nous pouvons rencontrer des «faux comiques ». Vous savez, c’est ce genre de personne qui vise toujours autrui mais jamais lui-même.

En effet, la harceleuse ou le harceleur fait rarement de l’autodérision, elle/il utilise l’humour pour maltraiter l’autre. Ariane Bilheran, psychologue et écrivain française, spécialiste du harcèlement, rappelle que « l’humour est toujours signifiant et jamais anodin ».

Quelles sont les différentes formes que peut prendre le harcèlement au travail ?

Harcèlement individuel : dans ce type de harcèlement, la harceleuse ou le harceleur a une cible bien précise dans sa ligne de mire. L’objectif est de détruire et/ou d’humilier la personne afin de flatter son égo. Ces agressions peuvent venir d’une personne travaillant dans l’organisation (collègue, manager, patron.ne…) ou de l’extérieur (client, fournisseur…)

Harcèlement transversal : ici, les agressions se font entre collaborateurs. L’objectif étant de malmener ses collègues de travail quitte à faire, de l’environnement de travail, un véritable cauchemar (cf. article sur les toxifiers)

Harcèlement stratégique : le harcèlement stratégique consiste à pousser à bout une personne dans le but qu’elle n’en puisse plus et décide de capituler. C’est une méthode de « management » qui incite les travailleurs à démissionner (moyen de détourner les formes légales du licenciement comme l’explique très bien Didier Bille dans son livre « DHR, la machine à broyer »)

Harcèlement institutionnel : le harcèlement est une culture dans certaines organisation et parfois, il est même valorisé. Selon Alain Labruffe, docteur en psychologie du travail, l’objectif de la direction est de « générer des situations chroniques d’épuisement professionnel en laissant libre court à la prolifération de harceleurs », à la montée en puissance des « petits chefs » et aux phénomènes de groupe destructeurs.

Que dit la loi ?

Le code du travail rappelle qu’aucun salarié ne doit subir des agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel (article L. 1152-1 du code du travail).

Le fait de harceler est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende (article 222-33-2 code pénal).

Sources de cet article sont disponibles ici

Vous avez connu / vous connaissez une situation de harcèlement moral au travail ?

Conseils, Différentes générations au travail, Dossiers

4 générations au travail

La génération Y : c’est 25% de la population, soit environ 12 millions de personnes en France. Souvent incomprise, bien que très stéréotypée, cette génération fait beaucoup parler d’elle. De même que les « Z », les zappeurs, qui arrivent en entreprise et cassent les codes.

« Ils envoient des sms au bureau, réseautent sur les appli et vissent leurs écouteurs dans les oreilles. »

Les générations précédentes leur reprochent par exemple : leur légèreté, leur manque d’adhésion aux valeurs de l’entreprise, leur individualisme, leur volonté d’instantanéité.

Est-ce une histoire de génération ? Est-ce simplement être « jeune » ?


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Les témoignages, Vouloir remonter la pente

« Vous vous dites « allez tiens bon tu vas y arriver », et c’est également ce que vous dit le management, alors vous y croyez. »

Dans mon travail en tant que chef de projet, je suis pris en permanence au milieu de tout le monde. Il y a d’un côté les clients qui veulent tout pour demain, les équipes qui ne sont pas disponible, le management qui dit que vos projets ne sont pas prioritaires et vous êtes au milieu de tout cela et vous devez composer avec. Donc vous essayez de répondre au mieux au client pour ne pas le perdre et le satisfaire, et pour cela, vous réfléchissez toute la journée à ce que vous allez répondre et surtout comment, en se mettant à sa place.

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Comportements toxiques, Les témoignages

« Lassitude d’un patron pervers, manipulateur et tyrannique »

Lassitude d’un patron pervers, manipulateur et tyrannique. J’ai fait un burn-out il y a 3 ans et je souhaite ne pas recommencer. Ma région est sinistrée au niveau de l’emploi et quand on vit seule, on hésite à laisser un travail, même sous payé. J’essaie depuis plusieurs années de développer d’autres activités, mais c’est long et cela ne me permet pas de survivre. Je suis loin d’être la seule dans ce cas dans mon entreprise et le patron en profite. Il sait, de toute façon, que les gens sont coincés financièrement : si on est pas content, on peut partir… Il semblerait, d’après le médecin du travail, qu’il y ait de plus en plus de patron pervers, comme lui… Et ça ne va pas s’améliorer…

Divers

Quand les chiffres parlent…

36% des interrogés auraient déjà fait un « burn-out », soit une personne sur trois.

D’après une enquête menée en 2016 sur 200 000 personnes, 36% des interrogés auraient déjà fait un « burn-out », soit une personne sur 3 (source : Parlons Travail – CFDT). C’est ENORME ! C’est BEAUCOUP trop. Le taux s’élève à 54% chez les chômeurs. Comment avoir envie de travailler après avoir été déçu par le monde du travail ? Pourquoi la société actuelle s’enlise dans un système productif parfois inhumain et vide de sens ? Le burn-out n’est pas une affaire isolée, lorsqu’une personne sur trois est touchée, c’est un problème de grande ampleur.

La cause ? La difficulté à être écouté, à pouvoir s’exprimer, à pouvoir se plaindre, à donner son avis, à remettre en question l’existant… Et qu’en est-il de la liberté d’expression ? Le burn-out ne doit pas être un tabou. La honte doit changer de camp. La sensibilité de chacun doit être prise en compte, avec bienveillance et sans jugement, pour qu’enfin les choses changent positivement. Retrouvez les 3 symptômes de l’épuisement professionnel ici.

La « lucidité » est définie dans le Larousse comme « l’état de quelqu’un qui a toute sa conscience. Qui juge, voit clairement, objectivement les choses dans leur réalité ». Les salariés sont-ils plus lucides que les dirigeants d’organisations ? 7 personnes sur 10 le pensent, soit plus de 70% des personnes ayant répondu à l’enquête (source : Parlons Travail – CFDT). Et vous, qu’en pensez-vous !? Racontez nous ici.

Peut-on être heureux au travail lorsque l’on passe plus de temps à rendre des comptes qu’à réellement créer de la valeur ajoutée ? A ce jour, deux personnes sur cinq, ayant répondu à l’enquête estiment être dans ce cas-là (source : Enquête Parlons Travail – CFDT). D’ailleurs, les hommes semblent être plus nombreux à déclarer « parfois, j’ai l’impression que je passe plus de temps à rendre des comptes qu’à travailler » que les femmes (46% contre 42% pour ces dernières). Et vous ? Partagez-vous ce sentiment ? Acceptez-vous facilement de devoir justifier votre travail ? Venez donner votre avis et partager votre opinion, librement et anonymement, ici.

58% des personnes ont répondu « oui » à l’affirmation suivante : « Il m’est déjà arrivé de pleurer à cause de mon travail » (source : Enquête Parlons Travail – CFDT). Et vous ? Avez-vous déjà pleuré à cause de votre travail ?
Tout ce qui n’est pas exprimé est imprimé. Exprimez-vous, librement et anonymement en cliquant ici.

Un salarié qui est écouté aurait 1,5 fois moins de chances d’éprouver un syndrome dépressif qu’un salarié qui est simplement écouté.

Les journées au travail peuvent être très longues, ce sont ces petits détails du quotidien qui, accumulés, fatiguent petit à petit. Pourtant, d’après les statistiques de l’institut DARES, un salarié qui est écouté aurait 1,5 fois moins de « chances » d’éprouver un syndrome dépressif qu’un salarié qui est simplement écouté. L’écoute permettrait de vaincre le burn-out ?

Que l’on soit déjà arrivé au point de rupture ou de plus en plus affecté par des évènements liés au travail, il est essentiel de se libérer, quotidiennement ou à postériori. Suite à mon histoire, j’ai compris qu’il était préférable de mettre des mots sur ces émotions plutôt que tenter de les refouler ou de se remettre en question, sans cesse, comme j’avais fait jusqu’alors. STOP LE TABOU. Exprimez vous, librement et anonymement, ici.

Plus d’une personne sur deux se déclare en situation de fragilité.

Plus d’une personne sur deux se déclare en situation de fragilité, en France, en 2018 dans le secteur privé (source : Malakoff Médéric).

Alors pour « mieux-être », n’hésitez pas à retrouver nos conseils. Et si vous avez des astuces ou souhaitez partager votre histoire, on attend de vous lire avec impatience ici !