Mon histoire

Je m’appelle Lucie.

Je suis RH, psychosociologue et blogueuse.

J’ai obtenu une licence d’économie, un master de management international et stratégique des ressources humaines ainsi qu’un diplôme pour accompagner le changement organisationnel et personnel.

Mes premiers travaux concernant les risques psychosociaux datent de 2012 pourtant cela ne m’a pas empêché de connaitre le harcèlement (sexuel et moral) et le bore-out jusqu’à épuisement.

En savoir plus sur moi…

J’avais besoin d’écrire

Depuis petite, je rêve de bonheur au travail.

Je voyais mon père rentrer de sa semaine de boulot, épuisé. Je rêvais de pouvoir créer une salle de repos pour les travailleurs éreintés, mais je ne savais pas encore que dans le monde de l’entreprise, on ne fait pas ce qu’on veut. On ne va pas faire une petite sieste lorsqu’on en a besoin… Et puis c’est quoi ça comme métier ? Ca m’existe pas ! Je vais essayer de trouver un métier moins utopiste, plus réaliste…

Au lycée je découvrais les sciences économiques et sociales.

Ce fut une révélation, j’apprenais les mécanismes socio-économiques, la relation État-Entreprises-Ménages et je comprenais davantage l’importance de l’économie dans notre société mais je voulais aller plus loin.

Je décidais d’étudier l’économie.

En pleine crise des subprimes, en étudiant les sciences économiques, je m’interrogeais sur la place de l’individu dans ce vaste système, j’étais persuadée qu’outre le facteur « prix » ou « salaire », les personnes pouvaient faire des choix en fonction d’autres paramètres (leurs personnalités, leurs humeurs, leurs principes, leurs valeurs, leurs expériences). Et les professionnels des marchés financiers le savaient bien puisque la crise démarre suite à l’octroi de crédits aux ménages américains déjà en difficulté. Jouer sur l’individu pouvait bousculer l’économie en pratique et plus largement, faire vaciller la société.

Les premiers symptômes de ce virus apparaissent autour des années 2010, on parle de « stress négatif » et de « risques psycho-sociaux », et les premières études voient le jour. Sensibilisée par ce sujet, je décidais alors de m’intéresser concrètement à ce nouveau sujet d’actualité qui, pour moi, avait toujours existé et qui malheureusement, existait toujours.

Comment faire pour que ceux qui travaillent ne souffrent pas ? Pour que les entreprises n’en pâtissent pas ? Et que l’État réduise ce coût estimé entre 2 et 3 milliards d’euros ? Quelle serait ma mission, mon métier ?

Jusqu’aux ressources humaines…

J’étudiais alors toutes les bases du management et je découvrais des témoignages de professionnels. Je comprenais très vite qu’il existait une multitude de façons d’exercer dans ce domaine (au sein d’une entreprise ou en cabinet externe) et diverses activités (la paie, le recrutement, la formation, le digital…). Mais j’avais trouvé ma voie, je voulais apporter ma pierre à l’édifice, j’avais compris l’importance de la dimension humaine dans les organisations.

J’intègre alors l’une d’elles.

Mais à trop vouloir entrer dans le moule, on devient une tarte.

Beaucoup de choses heurtaient ma sensibilité et l’ambiance devenait de plus en plus pesante. Je me disais qu’il fallait assumer, j’avais accepté ce contrat, il fallait que je sois forte. J’ai été très forte pendant un moment, affichant un grand sourire tout en pleurant à l’intérieur, mais c’était comme ça. Je faisais mon travail du mieux possible, mais je n’étais pas satisfaite, j’avais envie de faire plus (me servir de ma créativité, de ma capacité à innover, de mobiliser mes connaissances et l’altruisme). Ma passion m’animait et surtout, je n’étais pas la seule à ressentir cette tension, ce qui renforçait ma motivation, celle d’aider les autres.

Cela renforçait ma motivation, certes, mais je refoulais mes émotions. J’avais même pris comme nouvelle résolution d’arrêter de râler, impossible, pourtant j’étais quelqu’un de positif. J’en venais même à douter de cette vocation qui m’égayait, de mes capacités, même de mes croyances profondes. Quand je parlais de mon expérience, de ce mal être au travail, on me disait :

Mais tu sais, c’est partout pareil

J’en devenais « folle », moi qui connaissais très bien le sujet du burn-out / bore-out, j’étais la « victime » et le bourreau. Oui bourreau car j’étais moi-même RH, recevant les plaintes de salariés alors que j’avais, moi aussi, les mains liées, ne pouvant rien faire. Par ailleurs, j’étais consciente de la chance que j’avais d’apprendre, d’avoir un emploi, un salaire et quelques collègues sympathiques mais je ne parvenais pas à être satisfaite.

Auprès de qui en parler ? Manifestement les histoires de travail agacent l’entourage, c’est compréhensible puisqu’il est impuissant face aux pressions qu’exerce le monde professionnel et qu’une séparation vie privée/vie pro est préférable. Les collègues ? Oui mais c’est une chose qui peut être dangereuse, tout le monde n’a pas la même vision et n’a pas eu la même expérience. Aux responsables ? Je n’étais absolument pas prise en considération. Les syndicats ? Bonne idée mais je suis intimement persuadée qu’il est plus aisé de parler avec les personnes extérieurs à l’entreprise et/ou qui ont vécues les mêmes émotions (et cela tombe bien, ce site est là pour ça). La médecine du travail ? Elle n’a pas vraiment d’impact vis-à-vis sur le management d’une organisation néanmoins il est essentiel de le notifier aux autorités compétentes.

Auprès de qui raconter son histoire et qui peut me donner des conseils, des méthodes, des tactiques ? Comment rencontrer des personnes ayant vécu la même chose ?


Je n’ai pas trouvé de moyen de me libérer.

Cette répétition, chaque jour, de ce sentiment de frustration, ce refoulement, ces non dits, ce rôle que je jouais, le sentiment de ne pas être « exploité » à bon escient, ces mécanismes pour éviter et se protéger des épreuves quotidiennes, m’a épuisé moralement et physiquement. Et cela à un point très extrême. Ce n’était plus simplement la fatigue chronique, les douleurs physiques, la boule au ventre le matin, la difficulté à calmer sa respiration, il s’agissait de maladie : le mal a dit.

Tout ce qui n’est pas exprimé est imprimé.

Je souffrais d’épuisement émotionnel (burn-out, bore-out, brown-out, tous ces termes signifient la même chose au fond : un mal-être). Je me suis reconnue dans les 3 symptômes. C’était évident. J’avais somatisé tout simplement.

Mon burn-out et ses symptômes physiques.

Brûler de l’intérieur à petit feu, c’est exactement ce qu’il m’est arrivé. Herbert J. Freudenberger fut l’un des premiers à décrire ce syndrome : « En tant que psychanalyste et praticien, je me suis rendu compte que les gens sont parfois victimes d’incendie, tout comme les immeubles. Sous la tension produite par la vie dans notre monde complexe leurs ressources internes en viennent à se consumer comme sous l’action des flammes, ne laissant qu’un vide immense à l’intérieur, même si l’enveloppe externe semble plus ou moins intacte». L’ambiance de l’entreprise m’avait irrité, comme si j’avais fait une allergie à cet environnement, ma peau ne supportait plus d’être exposé à cette atmosphère. Mes chevilles ne tenaient plus comme pour m’empêcher d’avancer, mes poignets ne me permettaient plus d’écrire ni de taper à l’ordinateur, impossible d’aller travailler. Et ma bouche… C’était la leçon de cette maladie. Ma bouche s’est infectée à force de me taire, de garder tout ça, de ne pas dire ce que je pensais. Mes amygdales infectées elles aussi, en effet, je n’avais pas « avalé » certaines choses dans le cadre de mon travail, des choses que j’avais du mal à accepter et j’ai refoulé toutes ces émotions. Finalement elles sont ressorties, et cela fait terriblement mal…


Après cela, j’ai compris.

Compris pourquoi j’en étais à ce point de non retour alors que je connaissais extrêmement bien la problématique. Cette maladie est partie comme elle est venue mais je connais désormais les raisons, les causes et les conséquences de ce virus insidieux mais aussi les méthodes pour mieux vivre dans ce type d’environnement.

Mais aujourd’hui je veux en finir avec ce phénomène, et si je peux aider ne serait-ce qu’une personne, j’aurais réalisé ma mission. Je ne veux plus que ce genre d’histoire se répète. Si j’avais pu en parler, écrire mon histoire et demander conseil, jamais je n’en serai arrivé là. Il n’y a pas de mal à parler de ses sentiments, de ses émotions et de ses besoins. L’épanouissement au travail n’est pas une chose acquise. Que notre métier nous plaise ou non, parfois l’environnement et les évènements ne sont pas toujours en adéquation avec nos valeurs et nos aspirations, pourtant les personnes touchées par le burn-out sont souvent des personnes engagées et extrêmement motivées avec une volonté de bien faire. Le sentiment de ne pas être « exploité » à sa juste valeur mène à la frustration, en effet, les organisations n’offrent pas toujours les moyens nécessaires au développement de nos capacités. L’absence d’intérêt et de reconnaissance pour la personne elle-même, son potentiel et ses besoins, c’est de là que naît la frustration et la perte de sens. Les personnes en viennent à douter d’elles-mêmes à force de refouler ces émotions, pourtant il est humain de ressentir des émotions, pourquoi devoir ou vouloir les renier ? Ce mécanisme de « protection » est néfaste à long terme, il devient de plus en plus difficile d’avancer dans ce milieu hostile que sont parfois les organisations alors, avant que la fatigue ne se transforme en épuisement ou en maladie, parlons-en !

Vous souhaitez raconter votre histoire ? Alerter, sensibiliser, vous libérer ?


Je parle enfin !

  • Mars 2020, Laura, une journaliste de @francetvslash me contacte car elle est à la recherche de personnes, entre 18 et 30 ans, intéressées pour témoigner au sujet du burn-out. Malheureusement, après avoir partagé l’annonce sur @TravailEcoute, je n’ai eu aucun retour.

  • [Comment ça !? Personne ne veut témoigner à visage découvert !!? Mais Lucie, t’es même pas capable de le faire toi même et tu incites les autres à y aller !? Sois courageuse et montre que c’est possible !]

  • Me voilà donc au mois de juin, à Paris, derrière un fond vert, devant des caméras, mouchoirs à la main, prête pour « balancer ». Déterminée à briser le tabou…

  • 5 novembre 2020 : sortie de l’interview sur les réseaux sociaux .


Lucie à la rescousse !

  • NEW !

    J’avais réellement envie de savoir si le problème venait de moi ou de l’entreprise, alors j’ai repassé un diplôme en alternance mais cette fois ci, c’était un master spécialisé dans le changement personnel et organisationnel ; et ce dans l’une des plus grandes entreprises du monde.

  • Je suis désormais RH et psychosociologue mais aujourd’hui, j’ai envie d’en faire plus.

    Je veux faciliter la vie professionnelle des jeunes, des moins jeunes, des entreprises. Etre une RH à l’écoute.

    Prendre le temps d’écouter et trouver les meilleurs solutions ensemble.

  • J’ai donc crée mon entreprise !

Plus d’infos ici

1 réflexion au sujet de “Mon histoire”

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