Autres, Quand le corps parle...

« C’est le burn-out, c’est la première fois de ma vie que j’entends ce nom et je ne sais pas que cette maladie va être la plus dure étape de ma vie. »

Bonjour, je suis en burn-out également.

Août 2016, je me retrouve le dos complètement bloqué, je vais voir des tas de spécialistes qui ne comprennent pas. Plus on avance et plus je suis apeurée car je ne trouve pas de position pour ne pas avoir mal, je ne sais plus me retourner dans mon lit. Je crois que je vais finir mes jours handicapée à souffrir sans une minute de repos. Je pleure sans savoir pourquoi. Ensuite, arrivent les crises d’angoisses, je ne parviens plus à gérer ma respiration. Alors, j’appelle le médecin, plusieurs fois par jour. Je ne supporte plus rien, ni la télévision ni le bruit, même celui de l’eau qui remplit la baignoire m’agace. Au bout de quelques jours, je savais que si je devais rester comme ça, que je ne le supporterais pas. Que me restait-il comme solution ?

Vous devez vous en douter, mon médecin me conseille de me faire hospitaliser car elle s’aperçoit que je suis au bout du rouleau. Je ne parviens plus à marcher, descendre jusqu’à mon jardin m’est impossible, me laver est une souffrance, le moindre geste me fait mal. J’accepte l’hospitalisation car je n’ai plus aucune solution. Le médecin téléphone à mon époux et lui annonce qu’il n’y a plus d’autre solutions. On rentre à la maison, il ne m’adresse pas la parole, je lui demande de m’aider à faire ma valise, il ne veut pas, il pleure. Il ne veut pas que l’on soit séparé. Après quelques jours d’hospitalisation, on m’annonce que c’est le burn-out, c’est la première fois de ma vie que j’entends ce nom et je ne sais pas que cette maladie va être la plus dure étape de ma vie.

J’ai repris un mi-temps deux mois après mon hospitalisation puis un an plus tard, je reprends mon temps plein car je veux redevenir comme avant et je me force, me traîne, jusqu’au mois de mars 2017. Je rechute, je n’en peux plus, je ne veux plus d’hospitalisation, je suis perdue, je ne suis pas sûre d’en guérir un jour. Ce burn-out m’a détruit ma vie, je suis une loque, j’ai peur de perdre mes emplois, ma famille en souffre également. Ma vie est détruite mais celle de mon mari également. Jamais je n’aurais voulu faire souffrir quelqu’un et sans le vouloir, je souffre mais je fais souffrir tout mon entourage. Conseillez moi s’il vous plaît, comment puis-je m’en sortir ?

Tout d’abord, merci pour votre témoignage, cela n’est pas toujours facile de mettre des mots sur ce que l’on vit, mais votre courage vous honore, comme ceux qui ont déjà témoigné avant vous ici. Les émotions ont parfois une influence sur le corps, alors l’écriture est probablement l’un des meilleurs moyens de se libérer de tout cela. Vous avez franchi une première étape. En effet, le « burn-out » avant d’être une maladie, c’est un syndrome. Un syndrome est un ensemble de symptômes pouvant se traduire par différentes maladies. Vous avez très bien expliqué la façon dont « le mal a dit », cette maladie bloquante et handicapante, vous éloignant même de votre entourage. Je comprends aussi très bien que certaines « petites » choses aient pu vous agacer et que cette tension finisse par affecter votre entourage, impuissant vis-à-vis de votre travail.

Ce que je vous propose, c’est une démarche personnelle, il ne s’agit pas d’être égoïste mais d’être bienveillant envers soi-même. Apprendre à ne pas se juger, c’est la clé. La plupart d’entre nous avons continuellement des jugements envers nous-mêmes, pas toujours positifs, ces pensées sont néfastes pour sa propre image. Désormais, nous devons être aimable avec nous-mêmes et accepter d’avoir fait face à un environnement qui n’était pas en adéquation avec nos valeurs ou ne pouvant pas répondre à nos besoins, et vous n’avez pas à vous flageller pour cela. Mais je crois qu’il est important de mettre des mots, aussi, sur les prémices de ce syndrome en utilisant la Communication Non-Violente par exemple (observation, sentiment, besoin, demande). Comment est-ce que tout cela a commencé ? Quels étaient vos besoins, vos attentes et vos valeurs en prenant ce poste ? Quelles étaient les premières causes de cet épuisement professionnel ? Y-a-t-il eu des facteurs particuliers liés à votre activité (horaires difficiles, rythme intensif, harcèlement, manque de perspective d’évolution… ) ? Quelles sont les raisons qui vous attachent encore à cet emploi ? Avez-vous envisagé de faire autre chose ou de travailler dans une autre organisation ? Avez-vous tiré des enseignements de cette expérience ? Si oui, lesquels ? Je vous invite à répondre à ces questions, même si cela prend du temps, prenez-le, c’est du temps pour prendre soin de vous. Libérez-vous de toutes ces émotions négatives, ici, votre expérience sera toujours reconnue.

Par ailleurs, certains conseils sur TravailEcoute peuvent vous être utile, notamment le témoignage de cet ouvrier ou encore les six points clés pour « être-mieux » au travail. Ces six points m’ont aidé à voir les choses complètement différemment et à retourner au travail suite à mon histoire. J’espère que ces conseils vous permettront d’avancer, sachez que l’on s’en sort, l’estime de vous-même reviendra, grâce à une personne : vous-même. Néanmoins, vous pouvez me contacter 24h/24, 7j/7, via l’adresse mail suivante : contact.travailecoute@gmail.com et laisser vos coordonnées téléphoniques si vous souhaitez être re-contacté.

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Et si vous avez des conseils ou des encouragements concernant ce récit, n’hésitez pas à laisser un commentaire

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