Les témoignages, Quand le corps parle...

« Si l’argent était une langue, il faudrait que j’en apprenne les rudiments »

« Tu n’as pas à prendre de vacances… tu n’es pas une employée à problèmes, tu n’es pas mère célibataire avec des enfants… »


« Si j’étais toi, je ferais ce qu’ils vont te dire sans broncher… »


« Si tu prends tes vacances, tu seras dans le viseur des licenciements économiques. Tu auras pris des vacances donc tu n’auras pas contribué comme tout le monde pour sauver la boîte ! »


« Tu étais en télétravail ? écoute, la déclaration à temps partiel sur ton bulletin c’est pour sauver vos postes et sauver la boîte. Estime-toi heureuse et reconnaissante d’avoir encore du boulot ! »


« Tu n’auras qu’une semaine de vacances et la deuxième on la fait sauter ? ça te va ? »


NON. Non, ça ne va pas.

Au-delàs d’aller ou pas, ça reste surtout illégal. Ils sont au-dessus de tout, tout le temps. Pas de règles, pas de lois, manipulation et chantage sont les maîtres mots d’un management écœurant. Enfin, si on peut appeler tout cela du management.
Des boss, qui revendiquent le bien-être en entreprise et la bienveillance… mais tutoyer ses patrons de 35ans, dire bonjour à tous les employés avec un grand et faux sourire n’est pas suffisant.
Le bien paraitre pour ne pas entacher l’image de dirigeants méprisants.

Nous, je, nous sommes, je suis, employés, pions, machines à sous, poupées de chiffon, vaches à lait, chair à pognon.
Tu, tu es, un patron classique. Tu es tout ce qu’il y a de plus classique et prévisible dans ton rôle de dirigeant, de chef,
de petit chef.
Nous sommes à tes soins, à tes ordres et à ton rendement. Comme du bétail bien éduqué et parfaitement conditionné,
nous produisons ce que tu désires le plus.
Si l’argent était une langue, il faudrait que j’en apprenne les rudiments afin de les comprendre. Afin de comprendre la façon dont ils ont de voir leurs employés.


Arrêt maladie. Je n’ai pas eu une gastro ou une grippe saisonnière. Cerveau. Tumeur. C’était bénin, certes. Mais à cet instant de ma vie, j’aurais aimé avoir et recevoir des tonnes de bienveillance et de compréhension.
Scanner, IRM, neurologue, neurochirurgien… pendant une année, ma vie a été ponctuée de quelques RDV médicaux. Un suivi essentiel et primordial pour une guérison totale.


« Ecoute, tous tes rendez-vous là… va falloir se calmer. »


« Bon, c’est comme un rendez-vous chez le coiffeur, tu peux caler ça le samedi matin comme tout le monde ».


« Tu n’as rien à dire je pense… on a quand même été extrêmement bienveillants pendant ton arrêt maladie, avec tous tes rendez-vous ! »


Qui sont-ils pour oser dire tout cela… et encore, s’il n’y avait que ça. A rédiger ces « maux », la nausée pointe le bout de son nez. Ces paroles, ces actes, m’affectent encore psychologiquement. Je suis réduite à un rendement, je perds petit à petit toute humanité et devient un robot, une machine à sous.


Machine à sous.

Ici, l’argent achète tout. Même mon joli sourire et mon silence. Après des mois compliqués où la pression et la charge de travail m’ont énormément affecté, mon sourire crispé a laissé place à un visage aux traits tirés, plombé par un sourire à peine perceptible. Je remuais ciel et terre, essayais de me faire voir, étendre, comprendre.

« Comment on fait si tout le monde faisait la gueule ? Tu dois venir ici avec le sourire et être de bonne humeur. Les problèmes tu les laisses chez toi. »

« J’ai pensé à t’augmenter… en système de primes sur 2/3 mois dans un 1er temps : 100€ brut. Mais attention, pour avoir cette prime : tu dois sourire, être enjouée et être de bonne humeur. Si le contrat n’est pas respecté, ça saute. C’est donnant donnant ! »

Négociations douteuses et chantage, harcèlement psychologique, considération zéro et comportements abusifs… rien ne les arrête. Il va falloir que ça cesse. Rapidement.

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Autres, Quand le corps parle...

« C’est le burn-out, c’est la première fois de ma vie que j’entends ce nom et je ne sais pas que cette maladie va être la plus dure étape de ma vie. »

Bonjour, je suis en burn-out également.

Août 2016, je me retrouve le dos complètement bloqué, je vais voir des tas de spécialistes qui ne comprennent pas. Plus on avance et plus je suis apeurée car je ne trouve pas de position pour ne pas avoir mal, je ne sais plus me retourner dans mon lit. Je crois que je vais finir mes jours handicapée à souffrir sans une minute de repos. Je pleure sans savoir pourquoi. Ensuite, arrivent les crises d’angoisses, je ne parviens plus à gérer ma respiration. Alors, j’appelle le médecin, plusieurs fois par jour. Je ne supporte plus rien, ni la télévision ni le bruit, même celui de l’eau qui remplit la baignoire m’agace. Au bout de quelques jours, je savais que si je devais rester comme ça, que je ne le supporterais pas. Que me restait-il comme solution ?

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Caissière en libre-service, Les témoignages, Quand le corps parle...

« Les moqueries, la pression perpétuelle et les reproches d’un travail soit disant mal fait, étaient mon quotidien… »

Bonjour à tous. Voilà, aujourd’hui j’ai décidé de vous faire part de mon histoire, je dis cela car ce n’était pas seulement mon quotidien au travail mais ce que j’ai vécu ou même subi…

Après avoir élevée ma fille pendant 9 mois, en mars 2015 je reçois un coup de fil pour un entretien d’embauche pour un CDD de 5 mois en tant que caissière employée libre service. Quelle joie ! J’allais enfin reprendre une activité et une vie sociale même si cela n’allait pas être simple car je devais laisser ma fille, bref…

Après une formation d’une journée à la direction régionale, j’attaque le lundi suivant. La réalité fut bien différente par rapport à celle que l’on nous avaient présentée ! Rapidité (ou précipitation même…) et efficacité étaient les maîtres mots. Un jour, après une journée difficile à dépoter 6 palettes dans l’après midi, avoir été en 2ème caisse, je devais passer le balai et l’auto-laveuse avant la fermeture du magasin. Éreintée, j’exécute ma tâche sans trop réfléchir tellement mes jambes et mon dos me faisait souffrir. Nous nous saluons et partons chacun de notre côté.

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